lundi 19 mars 2007

Quand le ministre, François Bayrou, interdisait Aimé Césaire.


Voici une tribune de l'écrivain d'origine africaine, Olympe Bhêly-Quenum parue le 8 mars dans Le Gri-Gri International. Hallucinant pour un homme qui se veut ouvert.


" [...]Qui est Monsieur Bayrou dont je n’ai rien lu avant qu’il soit un candidat à la Présidentielle ? Dénonçant depuis des lustres l’ostracisme dont les moyens d’information de l’Hexagone frappent nombre d’écrivains négro-africains, j’ai découvert que Monsieur François Bayrou avait fait mieux ; voici la preuve empruntée à un opuscule :



« Il n’y a pas de tradition autocritique de l’intelligentsia française. Plus récemment, elle s’est acharnée sur Césaire et Fanon, les deux grands Antillais qui se sont sentis Africains. Quand enfin le Discours sur le colonialisme de Césaire a été mis au programme des classes de terminale littéraire en 1994, le député Alain Griotteray a interpellé le ministre de l’Éducation nationale François Bayrou, s’étonnant « qu’une œuvre aussi résolument politique […] osant comparer nazisme et colonialisme soit inscrite au programme de français des terminales ». Du coup Césaire, qui devait rester deux ans au programme, en a disparu par un discret décret ministériel de Bayrou de fin juillet 1995. Réaction des intellectuels français : zéro. Seul un petit entrefilet du Canard enchaîné souligna cet événement culturel pourtant majeur. Les levées de boucliers sont réservées à la défense de la liberté d’expression d’un Houellebecq. »



Incroyable ! Inouï ! Aimé Césaire rayé du programme ! Aimé Césaire ostracisé. Je ne commenterai pas la citation ci-dessus mais je voudrais rapporter un fait : en 1995 ou 1996, une ancienne condisciple de l’université de Caen, agrégée de lettres et amie qui m’a retrouvé dans le Midi, m’a téléphoné et invité « à plancher sur Discours sur le colonialisme , dans ma classe de terminale » ; je me suis replongé dans les 70 pages de l’extraordinaire opuscule d’une facture exceptionnelle que j’avais lu et relu quarante ans auparavant ; quel bonheur que de se sentir rajeunir ! Les mots et phrases soulignés, les annotations dans les marges m’ont fait revivre le militantisme auquel m’avait comme initié Césaire avant notre rencontre, plus tard, en compagnie d’Alioune Diop5 ; et nous voilà parlant de littérature, de politique, d’Afrique, etc. Il devait même venir dans mon bureau quand je dirigeais le magazine La Vie Africaine , et qu’il devait témoigner au Tribunal parce que des Antillais avaient subi des sévices …



Autant pour satisfaire le désir d’une amie normande, Française bon teint, que pour faire découvrir à ses élèves un très grand écrivain négro-africain, j’ai lu et analysé des pages du magnifique Discours sur le colonialisme dans la salle pléthorique du lycée privé dont j’étais l’hôte : choix et poids des mots parfois rares, rythme des phrases dans la confrontation avec les promoteurs du colonialisme ; beauté de la langue française quand la négritude en la maîtrisant la fait sienne et l’arme de son combat pour embraser le monde ; subtilités, ruses et pièges de la syntaxe. Voilà Aimé Césaire, le Français né basané dont une des œuvres majeures fut bannie du programme par Monsieur François Bayrou, ministre de l’Education nationale française...



Je le répète, je n’ai jamais rien lu de ce candidat à la Présidentielle ni de Monsieur Sarkozy : j’ignore s’ils connaissent la littérature négro-africaine mais je suis convaincu que Discours sur le colonialisme est un ouvrage pérenne que leurs enfants et petits-enfants n’auront ni peur, ni honte de lire."


O.B-Q.



Olympe Bhêly-Quenum est une des plus grands écrivains africains vivant. On lui doit notamment "l’initié", "C’était à Tigony", "Promenade dans la forêt" ou encore "Un piège sans fin".





19 commentaires:

Anonyme a dit…

Aucun Blanc n'aime les Kamites. Mais, ces derniers se couchent devant eux.

Anonyme a dit…

Vie la démagogie des politiques.

zorro a dit…

au moins c'est dit, pour ceuss qui avaient un quelconque espoir en cette marionette "le cul entre deux chaises" (l'umps), merci à AJ de l'avoir démasqué.
Et un imposteur en moins, un !

zorro

Anonyme a dit…

dénoncer les raccourcis dont est victime dieudo quand il est traité d'antisemite mais faire la meme chose avec bayrou n'a pas l'air de vous deranger!
malheureusement c'est par des raccourcis comme ça que la diabolisation apparait!
un article rappellant comment le pen fasait huer les noirs en projetant des photos de singe dans ses meetings des années 80 meriterait plutot ce genre de titre, apparement au royaume des aveugles...
cordialement

Anonyme a dit…

A ce que je sache, ce n'est pas AJMqui a écrit ce texte. Il n'y a pas de raccourci. Pourquoi ce mec accepte de retirer le livre de Césaire ?

Griotterayvous connaissez ? C'est le relais FN-UMP.

Anonyme a dit…

Bayrou est une escroquerie. Tout le monde le sait.

Anonyme a dit…

J'espère qu'il ne viendra pas en Martinique. Je vais le lui dire de vive voix.

Anonyme a dit…

Ces gens sont dangereux et, aujourd'hui, ils font semblant d'être des saints et des hommes nouveaux.

Anonyme a dit…

Bayrou sera tondu désormais par AJM, lol

Anonyme a dit…

Comme la plupart des Blancs, ilsneveulent pas voirun Noir brillant. J'espère pour Ribbe qu'il fait le bon choix en s'engageant auprès de ce négrophobe.

MBOA a dit…

Excellent travail bro, en ce moment pas le temps d'écrire.
Félicitation pour cette trouvaille, comme je le dis, il ne faut plus que compter sur nous, tous ces gens sont des pourris dès lors qu'il s'agit du Noir.

Anonyme a dit…

BAYROUX N'A JAMAIS ETE NEGROPHOBE !

king a dit…

AJM,

Merci de fouiller comme celà. C'est fou quand même de voir comment le Blanc, quel qu'il soit, refuse la force des Noirs, simplement parce qu'ils sont Noirs et ne reconnaît pas leur talent.

Mon bulletin de vote va à Madame Royal, la moins pourrie de tous parce qu'elle au moins, pense à l'Afrique.

zazaza a dit…

AJM,

Tu scrutes le Net même le week-end à fond ?

Beaucoup de personnes croient que Bayrou est de Gauche mais, c'est une imposture, une grosse escroquerie.

On va de surprise en surprise.

Bonne journée et bon vent !

Anonyme a dit…

Depuis qu'on vous le dit, vous allez l'avoir dans l'os.
Vote Le Pen, direct, au 1er tour.
Histoire de taper une bonne grosse merde.

AJM a dit…

Bonjour à toutes et à tous !

Ce texte n'est pas de moi.C'est un ami qui me l'a envoyé et, je n'ai pas hésité un instant pour le mettre en ligne.

BRO., je sais qu'en ce moment, tu es très pris. Moiaussid'ailleurs mais, j'ai de la reserve.

Bonne journée à tous !

Anonyme a dit…

NI BAYROU, NI SARKOZY, NI ROYAL NE SONT NEGROPHOBES !

Anonyme a dit…

Si on accorde du crédit à cette information il faut la lire et en tirer les enseignements objectifs
L'immense oeuvre de Aimé Césaire était au programme lors du Ministère de François BAYROU !
C'est une intervention du député Alain GRIOTTERAY UMP (ex-RPR) qui aurait conduit le ministre à retirer cet ouvrage.
Pour mémoire, FB participait en minorité UDF à un gouvernement RPR dur
Il n'aura alors certainement pas pu faire valoir les arguments qui l'avait conduit à mettre cette oeuvre au programme
L'ouvrage, victime d'un jeu politique, aurait été alors retiré au nom d'une solidarité gouvernementale
En conclusion, il y a donc tout intérêt à permettre à FB de rassembler une majorité autour de ses idées novatrices, humanistes.

Anonyme a dit…

Pourquoi françois bayrou est contre Aimé Césaire...

Extrait du Journal officiel de la République Française, Annales de l’Assemblée nationale, le 15 mars 1950, p. 2078 :

"Aimé Césaire : [. . .] En vérité, alors que, dans nos territoires, la misère, l’oppression, l’ignorance, la discrimination raciale sont de règle, alors que, de plus en plus, au mépris de la Constitution, vous vous ingéniez à faire de l’Union française non pas une union, mais une prison de peuples . . . (Exclamations à gauche, au centre et à droite. Applaudissements à l’extrême gauche. )

Paul Caron : Vous êtes bien content qu’il y ait l’Union française

Marcel Poimboeuf ; Que seriez-vous sans la France ?

Aimé Césaire : Un homme à qui on n’aurait pas essayé de prendre sa liberté.

Paul Theetten : C’est ridicule

Paul Caron : Vous êtes un insulteur de la patrie. (À droite.) Quelle ingratitude

Maurice Bayrou : Vous avez été bien heureux qu’on vous apprenne à lire

Aimé Césaire ; Ce n’est pas vous, monsieur Bayrou, qui m’avez appris à lire. Si j’ai appris à lire, c’est grâce aux sacrifices de milliers et de milliers de Martiniquais qui ont saigné leurs veines pour que leurs fils aient de l’instruction et pour qu’ils puissent les défendre un jour. [Applaudissements à l’extrême gauche]."