mercredi 14 novembre 2007

ARCHE DE ZOE : CES VOYOUS A QUI DIEU A DONNE LA PEAU BLANCHE.


Quand des "aventuriers", sous prétexte de charité, viennent "s'emparer" d'enfants, les fantasmes sont prompts à se réveiller. Témoin ce texte du principal éditorialiste du quotidien camerounais d'opposition.

Le scandale provoqué par une poignée d'aventuriers européens qui ont affrété un avion pour aller s'emparer d'une centaine d'enfants, sous prétexte d'action humanitaire, sans droit ni titre, sans morale ni raison, est à lui seul tout un symbole de la contradiction dans laquelle baigne l'Occident. Comment comprendre qu'au moment où les portes de tous les pays européens semblent se fermer à l'Afrique par le biais de législations infernales contre l'immigration, on nous annonce que, par charité, une centaine de gamins ­nègres devaient être accueillis par des familles blanches ? S'agit-il d'en faire des esclaves dans des maisons closes, des jouets pour petits Blancs, ­de la bonne chair pour des fauves de cirque ? Combien d'enfants ont-ils déjà été victimes de ces rapines, comdes victimes africaines innocentes dont le seul tort est d'avoir été condamnées à la misère ?

Le gouvernement tchadien a pu stopper l'opération, en arrêtant ces aventuriers et en confiant les enfants à la garde de l'UNICEF. Mais de quel gouvernement tchadien s'agit-il ? Celui qui est protégé, supervisé et tenu à bout de bras par la France ? Bien évidemment, il ne faut avoir aucune illusion : la libération de ces voyous à qui Dieu a donné la peau blanche sera finalement arrangée. Ils sont citoyens des pays maîtres qui écument le continent, et le bon petit soldat tchadien n'échappera pas à la règle. Sans doute inspiré par les histoires et les images qui emplissent les ­bulletins d'informations à travers le monde sur la misère totale du continent africain, un véritable commerce de la pitié s'est mis en place dans les pays riches. L'excitation a dorénavant gagné toutes les couches sociales. Il y a ceux qui se sont assignés pour mission, sans que mandat leur soit donné pour quoi que ce soit, de sauver des enfants africains traités à tort ou à raison d'orphelins. Il y a ceux qui se battent pour inventer des pro­grammes de sauvetage, tantôt pour la Somalie, tantôt pour l'est du Congo démocratique en proie à une rébellion sans fin, tantôt pour le Tchad et la Centrafrique, où des accords de paix succèdent aux accords de paix sans jamais faire taire les armes. On se bat donc partout au nom de l'Afrique.

Mais, et c'est édifiant, on cherche aussi, pour comprendre, pour cadrer, pour dompter la misère, à donner une couleur aux souffrances, à affecter une religion à la pauvreté et même à inventer une génétique de la violence. Où faudrait-il dorénavant orienter les recherches sur les causes de la misère de l'Afrique ? Faudrait-il continuer dans une critique intellectuelle des systèmes de gouvernance ou recourir à une étude approfondie des traits génétiques des peuples africains ? Le monde ne parle plus que de nous, de l'Afrique. Le monde ne voit plus que nous comme le problème, la honte éternelle de l'espèce humaine, l'humiliation des continents, la source de toutes les maladies. Il y a une trentaine d'années, alors que je résidais à Washington, je découvris un article fort significatif dans le très sérieux Washington Post sans doute un des plus prestigieux et des plus importants quotidiens des Etats-Unis. L'auteur de l'article, que l'on présentait comme un scientifique éminent, décrivait les différentes espèces de cafards en prenant soin de mentionner leurs capacités de nuisance, leur dangerosité et leur origine. Une bonne dizaine de ces bêtes étaient ainsi répertoriées, provenant de tous les continents. La plus douce, la plus fine et en même temps la moins nuisible était arrivée aux Etats-Unis dans les bagages des immigrants européens. La plus nuisible, la plus grossière, la plus méchante et plus envahissante provenait d'Afrique, importée dans les baluchons des esclaves. Avant cela, mon séjour d'étudiant en Occident fut très souvent troublé par les injures des marchands de sommeil, qui, pour nous refuser la location de leurs minuscules chambres insalubres, expliquaient que les mets africains étaient trop épicés et dégageaient une forte odeur, gênante pour les voisins. Aujourd'hui, en 2007, nouveau siècle, nouveau millénaire, et alors ­que le monde a évolué dans toutes les branches de la recherche scientifique, de la technologie et de l'information, alors que les peuples s'inquiètent de leur place dans la mondialisation, l'Afrique se voit rappeler brutalement ses insuffisances. Nous entrons dans la phase finale du procès cruel fait aux peuples, lequel mettra à mort les continents misérables et les races maudites.



Shanda Tomne.

9 commentaires:

Jean-Mouloud a dit…

Nous voilà bien.

GBAA a dit…

ça démarre très bien mais au moment d'émettre un point de vue, une conclusion, ou une perspective Africaine, rien, on s'étale plutôt sur des:

"Le monde ne parle plus que de nous, de l'Afrique. Le monde ne voit plus que nous comme le problème, la honte éternelle de l'espèce humaine" - "l'Afrique se voit rappeler brutalement ses insuffisances." - un gros pragraphe pour donner le mot de la fin à l'occident.

J'aimerais dire à l'auteur de l'article que personne ne l'oblige à ouvrir grand ses oreilles dès que Le Blanc parle. Surtout si il prétend qu'il n'aime pas ce que LeBlanc dit ou pense.

Si il n'est pas en mesure de se construire tout seule l'idée qu'il se fait de lui-même, qu'il ne se plaigne pas que Le Blanc ait d'autres objectifs que le bien-être du noir. Pourquoi en serait-il autrement? Toujours pas compris? Bon retourne demander au Blanc, peut-être que par gentillesse il va te révéler que tu n'es pas sa priorité, ça fera un scoop pour ton journal.

Depuis quand cherche-t-on réconfort auprès de celui qu'on décrit comme son bourreau? Il faut choisir, être cohérent, sinon on assume. Ceci pour secouer ceux qui attendent gentilment et indéfiniment un geste de gentillesse. Non seulement ils finiront entourés de "zozos", mais en plus ils resteront les dindons de la farce.

Laissez nos oreilles avec ces jérémades. Ou alors commencer à porter votre attention sur autre chose que le Washington Post. il y a de la lecture sur thotep.com ou africamaat.com par exemple.

P.S: vous voyez beaucoup de journalistes français s'attarder longtemps sur ce que pensent et disent les Tchadiens dans cette histoire? Bon...

Anonyme a dit…

gbaa critique justement la conclusion de l'article car en fait la solution des problèmes africains réside dans le simple proverbe " Aide toi et le ciel t'aidera " ,car que peut attendre des européens un continent qui a été totalement colonisée par eux .Maintenant la question est de savoir si celà est facile et possible ,en pensant au triste sort de Thomas SANKARA qui aurait pu ètre l'homme providentiel ,le Héros de l'Afrique . Cimourdain

Anonyme a dit…

le journal et le journaliste de Douala étripé en direct dans l'émission de radio sur France de l'Inculture dimanche matin 11h.
Un nid de sarkozyste : max gallo, bourlange, meyer.
Comme ils sont prompt et toujours prêts à bouffer du confrère journaliste qui est pas dans la ligne, surtout un " Négre", crime de lèse majesté en plus.
Le seul, Michaud qui rectifie et meur demande d'imaginer les titres des gazettes francaise si des Tchadiens avaient enlevés 103 petit marseillais!
He bah, aucune réponse des autres vendus acharnés et hargneux; le silence révélateur comme réponse.
Quand les sans-culottes leur couperont la boursoufflure, ils feront payer 1789 fois à leur mère le nettoyage de la faucheuse citoyenne.

gbaa a dit…

Je suis souvent d'accord avec ta lucidité Cimourdain.

J'ajoute que c'est justement parce que c'est déjà difficile qu'il ne faut pas perdre de temps à soupeser l'avis ou demander son avis à celui qui "te" frappe.

"Le Blanc" a inventé une lecture racialiste du monde ( avec une structuration racialiste de la justice et du droit; jusqu'au "droit de vie" ), cette vision demeure répendue et admise dans l'inconscient collectif européen, ce qui rend nombre de leurs compatriotes dangereux.

Cette vision n'est pas la vision africaine ( d'ailleurs tous les autres continents que l'europe on une "(di)vision éthnique" de LA famille humaine, et non une "(di)vision racialiste" d'espèceS parallèleS me semble-t-il ), mais pour autant, l'Africain doit réaliser que l'ouverture qu'il affiche ne trouve pas sa réciproque en face, et donc agir en CONSEQUENCE.

Se concentrer sur son seul champs de manoeuvre. Champs difficile, mais dont lui-même représente un premier chapitre de difficulté qui est à portée de main. Il pourrait être surpris du résultat si il prend le soin d'approfondir/mûrir cette vision en extrapolant dans ce même esprit de DISCERNEMENT.

( et come le montre l'anecdote de France Culture, c'est avant tout aux "blancs" de raisonner les leurs )

gbaa a dit…

( champs difficile où l'Africain représente un maillon de la difficulté parce qu'il croit bon d'adhèrer à celui qui est la source de sa difficulté; c'est se rouler dans la farine )

gbaa a dit…

( champs difficile où l'Africain représente un maillon de la difficulté parce qu'il croit bon d'adhèrer à celui qui est la source de sa difficulté; c'est se rouler dans la farine )

Anonyme a dit…

C'était une affaire de la Justice tchadienne. Mais depuis l'intervention maladroite de Nicolas Sarkozy, c'est devenu une affaire de la France. Il n'est plus question que ces personnes soient jugées hors du Tchad. Ce serait une insulte pour tous les peuples du continent africain.
L'article de Shanda Tomne a ceci de bien : il dit tout haut ce que nous pensons tous profondément en nous. Blanc comme noir. C'est le poids, l'héritage légué par 400 ans d'histoire. De la traite négrière aux indépendances en passant par la colonisation et la décolonisation.

Anonyme a dit…

La seule difference entre la justice tchadienne et celle de la france c'est que, ce n'est pas le même continent, mais c'est les mêmes fonctionement, la corruption, la lenteur, la tricherie, et les competences des judges est à vérifier... Qu'ils soient judger au tchad.