mardi 8 avril 2008

PAUL BIYA, AD VITAM AETERNAM.

Paul Biya

Une fois n'est pas coutume. Je vais vous parler un peu de l'Afrique sans fric. Comme on s'y attendait un peu, évoquant les "risques" d'une présidence sans lui, le président camerounais, Paul Biya, vient de re-modifier la Constitution de son pays, le Cameroun.

Dans une tambouille mortelle et morbide à la fois, un cynisme abyssal, une logique dont lui seul maîtrise les données, désormais, il pourra se représenter à l'élection présidentielle tant qu'il le voudra.

Vous me direz que même en France la Constitution le stipule. Or, la modifier au Cameroun où le Parlement est une simple caisse de résonance alors, je dit stop. Ce grand ami de Bolloré et Sarkozy prépare sa sortie avec grâce.

Arrivé au pouvoir en 1982, né en 1933, le chef de l'État du Cameroun, d'après la rumeur, ne veut pas laisser le pouvoir car, il a des enfants en bas âge.

Ainsi, les articles qui ont été retouchés ne concernent que le président de la République:

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Article 6 :

Alinéa 2 (nouveau) : Le président de la République est élu pour un mandat de sept (07) ans. Il est rééligible.

Alinéa 4 (nouveau) : En cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil Constitutionnel, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République doit impérativement avoir lieu vingt (20) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’ouverture de la vacance. a) L’intérim du Président de la République est exercé de plein droit, jusqu’à l’élection du nouveau Président de la République, par le président du Sénat. Et si ce dernier est, à son tour empêché, par son suppléant suivant l’ordre de préséance du Sénat ; b) Le Président de la République par intérim- le Président du Sénat ou son suppléant- ne peut modifier ni la Constitution, ni la composition du Gouvernement. Il ne peut recourir au référendum. Il ne peut être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République ; c) Toutefois, en cas de nécessité liée à l’organisation de l’élection présidentielle, le Président de la République par intérim peut, après consultation du Conseil Constitutionnel, modifier la composition du Gouvernement. Article 14 : Alinéa 3 a (nouveau) : Les Chambres du Parlement se réunissent aux mêmes dates en sessions ordinaires chaque année aux mois de mars, juin et novembre sur convocation des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, après consultation du Président de la République. Article 15 : Alinéa 4 (nouveau) : En cas de crise grave ou lorsque les circonstances l’exigent, le Président de la République peut, après consultation du Président du Conseil Constitutionnel et des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, demander à l’Assemblée nationale de décider, par une loi, de proroger ou d’abréger son mandat. Dans ce cas, l’élection d’une nouvelle Assemblée nationale a lieu quarante (40) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’expiration du délai de prorogation ou d’abrègement de mandat. Article 51 : Alinéa 1 (nouveau) : Le Conseil Constitutionnel comprend onze (11) membres désignés pour un mandat de six (06) ans non renouvelable. Article 53 (nouveau) : Alinéa 1 : La Haute Cour de Justice est compétente pour juger les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions par : - le Président de la République en cas de haute trahison ; - le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement et assimilés, les hauts responsables de l’administration ayant reçu délégation de pouvoirs en application des articles 10 et 12 ci-dessus, en cas de complot contre la sûreté de l’Etat. Alinéa 2 : Le Président de la République ne peut être mis en accusation que par l’Assemblée nationale et le Sénat statuant par un vote identique au scrutin public et à la majorité des quatre cinquièmes des membres les composant. Alinéa 3 : Les actes accomplis par le Président de la République en application des articles 5, 8, 9 et 10 ci-dessus, sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat. Alinéa 4 : L’organisation, la composition, les conditions de saisine ainsi que la procédure suivie devant la Haute Cour de Justice sont déterminées par la loi. Titre 13 – Dispositions transitoires et finales Article 67 : Alinéa 6 (nouveau) : Au cas où la mise en place du Sénat intervient avant celle des Régions, le collège électoral pour l’élection des sénateurs est composé exclusivement des conseillers municipaux. Article 2 : La présente loi sera enregistrée, publiée suivant la procédure d’urgence puis insérée au Journal officiel en français et en anglais.


Mais, où le bas blesse, c'est parce qu'il n'y a jamais eu de Sénat au Cameroun. En cas de vacance de pouvoir, n'est-ce pas le sang qui pourra être versé ?

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