mardi 24 juin 2008

Dieudonné à la défense des pygmées

Photo Ivanoh Demers, La Presse
Isabelle Masse
La Presse


Dieudonné revient en ville. Encore une fois avec un nouveau spectacle en poche qu'il livre en grande première ici. Cette fois, il s'en prend à Colin Powell et lève le voile sur la situation misérable des pygmées.


Dieudonné ne sera ni des festivités de Juste pour rire ni de celles du Grand Rire de Québec, cette année. «Pas avant l'an prochain pour le Grand Rire», mentionne l'humoriste. Mais de là à se priver d'un séjour au Québec... Il était à Montréal pas plus tard qu'en mai dernier. Entre deux entrevues pour promouvoir le spectacle solo qu'il présente à la fin de juin, il en a profité pour participer au gala Les Olivier dans un sketch qui faisait écho à la répression chinoise et dans lequel il explosait...


Le lendemain, lors d'une entrevue avec La Presse, il fulminait toutefois en pensant à l'appel au boycottage probable des J.O. de Pékin par le gouvernement de Sarkozy. «Je trouve cette campagne de diffamation contre les Chinois vulgaire, stupide et hypocrite, a-t-il alors dit. Pour qui nous prenons-nous? Je soutiendrai toujours le droit et la liberté d'expression. Mais si on boycotte les J.O., il faut aussi boycotter les produits américains, français... La France, par exemple, continue à piller le continent africain pour son pétrole, son bois et ses diamants. Le pays protège des gouvernements non élus démocratiquement. Comment peut-il donner des leçons?»


Les pygmées à coeur


Un mois et demi plus tard, sur scène, l'habitué des poursuites pour diffamation s'en prendra à la fois à l'indifférence et à l'ingérence des puissances mondiales. Dans une ambiance paisible, on imagine, car Dieudonné remet les pieds à Montréal sans qu'aucun scandale ne le précède. «Il n'y a pas eu de controverses, cette année. Tant mieux!»


C'est un spectacle intitulé J'ai fait l'con qu'il offrira au public. En grande première, car c'est au Québec qu'il baptisera le nouveau-né. Cette fois, les pygmées sont au coeur de sa proposition. Un peuple qu'il a appris à connaître au fil des visites faites à son père, résidant du Cameroun. «Là-bas, je vis chaque fois une autre réalité, raconte Dieudonné. Je discute avec les pygmées, une population méprisée. Ils sont considérés comme des rebuts de la société. Ils sont en train de disparaître à cause de la déforestation. Ils n'ont pas d'identité, ne sont pas enregistrés. Ce peuple autochtone vivait en harmonie avec la nature. Ils sont maintenant tout au fond du panier de la tristesse et de la misère.»


Ça sent la morale... «Je ne suis pas là pour culpabiliser, assure Dieudonné. Cela dit, cette population va disparaître et, en quelque part, tout le monde s'en fout. On n'a pas le temps ni l'énergie de s'en préoccuper. Je ne porte pas de jugement, mais je m'amuse avec cette indifférence.»


Par ailleurs, Dieudonné ne sera pas tendre envers l'ex-secrétaire d'État américain Colin Powell, «le singe savant de l'administration Bush qui nous a livré tout un spectacle au Conseil de l'ONU en brandissant une petite preuve de l'existence des armes de destruction massive en Irak, il y a quelques années, résume Dieudonné. C'était un mensonge absolu d'essayer de convaincre le monde entier qu'il existait une telle preuve. L'humiliation totale, en ce qui me concerne, c'est que ça ait été fait par un homme noir».


Dans J'ai fait l'con, Colin Powell n'aura aucune chance de se défendre. «Il ne fait que des bruits de singe...» raconte l'humoriste à l'imagination fertile.


Une fois ces cinq représentations données à Montréal et à Brossard la semaine prochaine, Dieudonné étirera son séjour en sol québécois jusqu'au 8 juillet.«Je vais pouvoir profiter du Festival de jazz, lance-t-il. J'aime beaucoup être ici. Je vais jouer en Suisse régulièrement, mais je préfère le Québec pour y vivre et passer du temps, parce qu'il y a une belle énergie sur le plan culturel.»



**********J'ai fait l'con, du 25 au 27 juin, au National de Montréal, et les 28 et 29 juin, à L'Étoile de Brossard.



2 commentaires:

Anonyme a dit…

Dieudonné est-il raciste? Il compare Colin Powell à un singe!!!

Anonyme a dit…

Faire le singe c'est faire le clown. C'est de l'humour.