samedi 15 novembre 2008

LA COMMUNICATION ABRACADABRANTESQUE DE NICOLAS SARKOZY.

La synchronisation médiatique et tous azimuts, sur la nomination d’un « premier » préfet noir sous l’égide du président Sarkozy, a fait giclé le sang des administrés des autres préfets noirs de France, en poste. Ils ont subitement cru, heureusement, un seul instant, que, ceux qu’ils croyaient être des noirs, étaient en fait des…Antillais. Pas blancs et/ou béké. Pas noirs. Pas métis. Pas indiens. Mais quoi donc ? Antillais. Peuplade ex nihilo, probablement, sortie de nulle part donc.


Comme un seul homme, du Figaro au Journal du dimanche, en passant par Le Monde ou Le Parisien, et tant d’autres, ces canards ont fait l’éloge de ce préfet noir-là. Une grande première disaient-ils SANS VERGOGNE. Là, le chef de l’Etat, avait réussi un passement de jambes rodaldonesque, puis, reprenant un centre venu de l’aile gauche, offrait un but d’anthologie à la France : Pierre N’Gahane, à l’aide d’une « backline » (retourné(e) acrobatique) comme on disait en ancien français. Ce goal, semblable à celui que son compatriote, Patrick Mboma, avait mis au pauvre Letizy, lors d’un match amical entre le Cameroun, champion olympique, et la France, au Stade de France. Nous étions le 4 octobre 2000...

Pour Nicolas Sarkozy, Pierre N’Gahane (photo ci-dessus), français d’origine camerounaise, est, il me semble, son Obama à lui. Le buzz a pris une telle dimension qu’on oublia que des préfets noirs avaient déjà été nommés auparavant. Jacques Chirac, l’ancien président de la République notamment, avait avalisé la nomination de la préfète du Lot, Marcelle Pierrot, sans tambour ni trompette. Il n’était d’ailleurs pas le premier. Acte qui entrait dans l’ordre des choses, donc. En revanche, le pataquès sarkozyste est plutôt surprenant.

Bref, ce qui choque le plus dans cette affaire, c’est le fait que cette presse, plutôt servile à mon goût, ne fait même pas l’effort de rectifier ses articles, lorsqu’on découvre le pot aux roses. Vous vous en doutez, la manœuvre hypocrite et mensongère suscitée par la victoire de Barack Obama et la relance par certaines officines téléguidées qui revendiquent la discrimination positive, plutôt une oxymore dans son appellation, est en place. Oui, il faut aider les plus faibles, les plus discriminés, mais pas avec des arrière-pensées morbides ou une publicité tapageuse qui en dit long sur les vrais intentions de certaines autorités.

Pourquoi vouloir mousser sur un non-évènement si ce n’est la volonté de diviser Antillais et Africains ? De voir les délégations disparates qui se succèdent à l’Elysée prouve bien la gêne occasionnée par le succès outre-atlantique d’un fils d’immigré africain en Amérique. Le vrai Eldorado, où, tout est encore possible…pour tous. Et que dire alors des déclarations dithyrambiques des uns et des autres sur cette nomination qui serait un « signe fort » de la politique volontariste du locataire de l’Elysée d’aider les laisser pour compte. Ubuesque.

Pourtant, les préfets noirs ont parcouru la France depuis des lustres. Mettre le chef de l’Etat actuel qui se vantait déjà d’avoir nommé le premier « préfet musulman » de France, Aïssa Dermouche, autre voltige mensongère et mortifère, est vraiment affligeant. L’hystérie collective qui a embrasé la France est à la hauteur de ce que les responsables ont voulu faire de cette promotion de Pierre N’Gahane. Or, depuis le mois de juillet dernier, d’autres préfets noirs avaient déjà pris leurs fonctions. Il s’agit du « chef de terre » de l’Eure, Richard Samuel, et de celui de Corrèze, Alain Zabulon, qui sont d’ailleurs tous les deux dans le très select Who’s Who.

Il fallait en finir avec cette désinformation qui est finalement un couteau à double tranchant, dans la mesure où, vu de l’extérieur, la France est considérée comme un pays foncièrement raciste. Et pour cause. Crier sur tous les toits, en 2008, au 3e millénaire en effet, pour un ex-pays esclavagiste qui a colonisé de nombreux pays noirs, c’est un vrai paradoxe, de ne faire confiance que maintenant aux noirs, non ? Surtout après l’abolition de l’esclavage, par décret de Lamartine, le 27 avril 1848 et les indépendances des pays africains au début des années 1960.

Les préfets noirs en poste en France :


Marcelle Pierrot: préfète du LOT


Alain Zabulon: préfet de la Corrèze.


Richard Samuel: préfet de l'Eure

2 commentaires:

Anonyme a dit…

il me semble qu'il y a eu aussi un maire noir en bretagne, me souviens plus de son nom...

strym.

SANSVOIX a dit…

Le maire d'origine togolaise, en Bretagne, c'est AMGNANE (un nom comme ça, mais sûrement orthographe massacré !, mes excuses !)

ASV