jeudi 27 novembre 2008

LE SUPPLICE CHINOIS DE NICOLAS SARKOZY.

Qui ne se souvient des paroles très fortes du président français, Nicolas Sarkozy, à Tarbes, le 24 mars 2008, lorsqu’il n’hésita pas à dire à propos de la Chine et du Tibet, menaçant même de ne pas se rendre aux jeux olympiques : « je veux que le dialogue commence et je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises ». Comme un seul homme, la presse se leva pour fêter le courage de l’homme. Puis, il esquiva la Dalaï Lama qui séjourna en France durant trois bonnes semaines, envoyant son épouse, Carla Bruni-Sarkozy et deux de ses ministres, Bernard Kouchner et Ramatoulaye Yade, le rencontrer dans l’Hérault, à Roqueredonde, près de Lodève, où, il inaugurait un temple bouddhiste.


Qu’il est loin le temps où le chef de l’Etat montrait ses biscotos, en appelant « au sens de la responsabilité des dirigeants chinois ». Qu’il est loin le temps où le ministre des Affaires Etrangères, chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, osait utiliser le vocable « répression » pour fustiger le régime de Beijing, lui, le roi du « droit d’ingérence ». Effectivement, ceux qui avaient cru un instant que les autorités françaises avaient pris conscience des atrocités que vivait le peuple tibétain avaient eu tort.

Les centrales nucléaires, la nouvelle puissance chinoise -ce géant aux pieds d’argile-, comme on les traitait il y a 20 ans, s’est revigorée. Le géant s’est réhabilité, prenant peu à peu conscience de ses capacités. Finalement, plus personne n’avait boudé les jeux olympiques. De Bush à Barosso, en passant par Nicolas Sarkozy, malgré la répression qui se déroulait sous nos yeux au Tibet.

Voici venue la rencontre de Gdansk en Pologne, à l’occasion du 25e anniversaire de l’octroie du prix Nobel de la paix à Lech Walesa, leader de Solidarnosc. Et, patatras, Pékin, les nerfs à fleur de peau, s’énerve et reporte sine die, sa réunion avec l’Union européenne qui devait avoir lieu à Lyon, le 1er décembre. Or, la rencontre entre le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama est prévue le 6 décembre, soit, après le sommet Chine-UE. Une véritable relation en clair-obscur. Or, la rencontre avec le chef spirituel tibétain, était connue d’avance. A quoi joue Beijing ?

C’est encore un camouflet retentissant. Les médias minimisent certes, pour ne pas arrêter la nouvelle dynamique élyséenne qui voit le président remonter dans les sondages. Mais, l’humiliation est à la mesure de cet excès de communication qui fait qu’aujourd’hui, à force d’annoncer son calendrier à tout va, le chef de l’Etat est confronté à une situation difficile. Le doute persiste avec les caprices chinois. Ne font-ils pas engager des représailles ?

Dans un monde qui marche désormais à la vitesse grand V, je vois déjà le chef de l’Etat français, faire des courbettes et des tonnes de salamalecs aux autorités chinoises. Pire, est-il entrain de se prostituer encore un peu plus, gardant le silence et laissant définitivement les châtiments des tibétains se poursuivre en toute impunité ? Le communiqué lapidaire de la présidence française de l’union, après l’humiliation chinoise, que dis-je, le supplice chinois, est à lui seul un grand évènement : "L'UE continuera à promouvoir un partenariat stratégique avec Pékin, particulièrement en cette période de crise économique et financière qui appelle à une coopération très étroite entre l'Europe et la Chine"
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(crédits photo/AFP)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

La Chine a raison, et Sarkozy viole le droit international

Lire l'excellent article de Danielle bleitrach : http://socio13.wordpress.com/2008/11/27/la-chine-a-raison-et-le-president-sarkozy-devtrait-arreter-de-confondre-sa-fonction-avec-celle-de-rock-star-pour-presse-pipole/