mardi 30 décembre 2008

AFGHANISTAN : LA PREMIERE ERREUR DE BARACK OBAMA !

Au moment où le futur ex président américain, George W. Bush, quitte le pouvoir sur la pointe des pieds, bien qu’il vivra, lui, heureux après ses crimes et méfaits dans une somptueuse banlieue de Denver, il a miné la crédibilité des Etats-Unis. Même le lion de Harare, Robert Mugabe, qu’il avait fustigé, lui a répondu sèchement, comme au moment où il récusait les pressions de Nicolas Sarkozy, le président français. De Bush, il a déclaré : "Notre gouvernement n'inclut pas M. Bush et son administration. Il ne le reconnaît même pas. Il n'a pas de relations avec lui, donc laissons-le avec ses commentaires. Ils sont hors de propos, stupides et ridicules", ajoutant au passage qu’il était simplement un "cheval mourant". Barack Obama le musclé, qui vient d’annoncer un renfort de 25 000 à 30 000 hommes en Afghanistan dès le rapport attendu en février du Général Petraeus, fait-il fausse route ? C’est ce que je crois !


Sachant que les russes avaient pratiquement 60 000 hommes sur le terrain, nombre que risque d’atteindre les américains avec l’envoi de ces renforts, rien n’est gagné. On peut même craindre le pire pour la coalition de l’OTAN, qui reconnaît qu’il lui sera impossible de contrôler les villes, à termes. En revanche, les généraux disent et promettent de gagner sur le terrain. Plus facile à dire qu’à faire, quand on sait que les Talibans ont ces derniers temps, le vent en poupe, malgré les bombardements américains en direction de leurs bases arrières pakistanaises. Ne se laissant pas faire ou impressionner, les ripostes sont à la mesure des pertes que leur infligent les GI’s.


Avec cette annonce, les réponses ne se sont pas faites attendre. Yousuf Ahmadi, le porte-parole en chef des Talibans, a déclaré : « Les Soviétiques avaient envoyé le même nombre de soldats pour occuper l'Afghanistan, mais ils ont subi une lourde défaite. Quand les Américains porteront leurs troupes à ce niveau, ils subiront également une cuisante défaite. » Sachant que ce ne sont pas des enfants de cœur –les soldats Français sur place peuvent en témoigner par ailleurs-, ça ne va pas vraiment être une partie de plaisir pour les alliés. Ceux qui disent lutter pour notre liberté. On se demande toujours laquelle. Est-ce celle de se taire et laisser-faire ? Celle d’accepter que nous impose notre paradigme culturel occidental qu’on pense être le meilleur ? Qu’on use de violence tout en accusant les autres de barbares ? Tout ça n’est pas sérieux. Passons.


Abandonner le terrain irakien est et sera très bonne chose. Mais, cette envie de renforcer les troupes en Afghanistan ne cache-t-elle pas quelque chose d’autre que le terrorisme ? Pourquoi Barack Obama ne dit pas clairement qu’ils, les alliés, doivent continuer leur fameuse mission au nom ridicule de « liberté immuable », simplement pour sécuriser la mise sur pied d’un gazoduc qui partira du Turkménistan et passera sur le territoire afghan d’où l’urgence d’y rester sur place, notamment avec l’éventualité d’un accord qui se prépare au sein d’une organisation des pays producteurs de gaz, autour des russes, qui l’appellent de tous leurs voeux ? Est-ce alors le contrôle du marché de l’opium ? Avec ces ricains-là, on ne sait jamais. Cris d’orfraie à venir. Américanisme primaire diront-ils. Rien à voir, simplement, envie de paix. Ah, j’oubliais, la guerre enrichie…

C’est ainsi que, d’entendre l’inamovible secrétaire d’Etat à la Défense, Robert Gates, qui a servi George W. Bush et qui reste au service de Barack Obama, prévenir que, "la lutte sera longue", et d’ajouter qu’il croit que l’engagement américain sera encore très long, lui, qui connaît tous les rouages du Pentagone, il y a de quoi voir les Etats-Unis en Afghanistan, ad vitam aeternam. Du coup, sentant cette présence américaine qui risque donc de se prolonger, de s’éterniser même, revoilà le borgne afghan le plus célèbre, l’homme à la mobylette, le Mollah Omar, qui revient du diable Vauvert. Alors qu’une certaine presse occidentale révèle que les Talibans sont en négociation avec le pouvoir en place à savoir, Hamid Karzaï, donc, en filigrane, les Etats-Unis, et l’Arabie Saoudite en tant que médiatrice, le Mollah à la motocyclette supersonique, dément : « Je n'ai jamais envoyé de lettre au roi saoudien Abdallah ben Abdoul-Aziz ou au camp adverse et je n'ai pas reçu de messages de leur part. » Fichtre. Quelque chose se trame…

De là à ce qu’on nous annonce dans deux ans que le Mollah Omar et Ben Laden (mort, vivant ?) sont reçus à la « Barack Noire » (Maison Blanche) à Washington, il n’y a qu’un pas. Obama n’est-il pas prêt à négocier, lui, homme de paix, lorsqu’il n’y a pas d’issue à un conflit ? Rappelons que les alliés sont en Afghanistan depuis déjà 5 ans, et que, la seule chose qu’ils ont réussi à faire, c’est de chasser les Talibans du pouvoir. Pourtant, le pays est loin d’être pacifié. Cerise sur le gâteau, ils les ont remplacé par l’un des pouvoirs politiques les plus corrompus au monde. Puisque c’est un allié, on ferme les yeux et menaçons ceux qui refusent notre diktat. C’est à croire que nos amis, à chacune de leur rencontre, carbure à l’opium qui les aveugles et qui leur permet de surfer sur « le choc des civilisations » cher à de feu Samuel Huntington...

3 commentaires:

Nicopico a dit…

AJM,
Barack Obama avait annoncé ces renforts pendant TOUTE sa campagne... et tu fais l'étonné? As tu vraiment suivi la campagne d'Obama?

AJM a dit…

@Nicopico,

Faire de cette promesse de campagne une réalité, c'et être con. Je croyais qu'il voulait jouer, lui aussi, sur les peurs injustifiées des républicains en faisant son Ben Laden légal. He bien, je me suis trompé.

Ils vont se prendre une belle branlée !

Nicopico a dit…

AJM, tu ne vas tout de même pas de plaindre qu'un candidat respecte ses promesses de campagne? pour une fois... c'est peut etre ça la force d'Obama.. il dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit..; euh, j'ai deja entendu ça :D