samedi 13 décembre 2008

BUSH-RUMSFELD-RICE: TOUS COUPABLES !


Selon un rapport du Sénat américain (PDF)publié jeudi, 11 décembre 2008, piloté par le sénateur démocrate Carl Levin, président de la Commission des forces armées, et… John McCain, Donald Rumsfeld, ex secrétaire à la Défense, est coupable. Condoleezza Rice, ex-conseillère à la Sécurité nationale et future ex-secrétaire d’Etat, aussi. Quant à George W. Bush himself, président des Etats-Unis pendant encore 40 jours, lui aussi. Ils sont à l’origine des dérapages de la prison d’Abou Ghraïb, en Irak, de Guantanamo à Cuba et dans les prisons secrètes américaines à travers la planète.

Les consignes étaient flamboyantes et limpides. De Donald Rumsfeld, le rapport est sans ambiguïté, clair et précis. Il indique notamment qu’il a donné son accord pour le recours à des techniques d’interrogatoire agressives, illégales surtout, dès le 2 décembre 2002. Pourtant, le boucher se pavanait ici et là, arguant que ça n’existait pas. En plus, il faisait dans la mythomanie la plus crasse. Pire, Celles-ci (les méthodes), ne respectant aucune convention internationale, foulant au pied tous les principes d’humanité, s’accentuaient. Bref, Donald Rumsfeld ne mérite que le TPI (Tribunal pénal international). Heureusement que ce rapport est l’œuvre du Sénat américain sinon, certains trouveront comme d’habitude, l’accusation facile d’anti-américanisme primaire, pour justifier l’injustifiable, là où il n’y a pourtant pas de doute sur la culpabilité du faucon.

Bilan désastreux en somme, surtout dans une prison comme Guantanamo, où la plupart des personnes incarcérées, étaient ou sont détenues sans qu’elles n’aient fait quelque chose de particulier, ou du moins, sans que les autorités américaines n’aient la preuve de leur culpabilité. Ces instructions exécrables de Donald Rumsfeld, sont la cause directe, souligne ledit rapport, de mauvais traitements subis par les détenus. Le rapport montrant du doigt, les agissements des hautes autorités qui, pour se dédouaner, accusèrent plutôt, leurs subalternes.

Comment en est-on arrivé là ? En réalité, tout part de l’application de méthodes coercitives et saumâtres, qui tirent leur naissance, sur un document signé de la main de George W. Bush, en février 2002, plus précisément, le 7 février. Profitant du choc émotionnel créé à travers le monde entier sur la version officielle des attentats du 11 septembre, à New York, il décida de violer sans vergogne, la Convention de Genève. Pour lui et ses amis, elle ne devait pas s’appliquer à certaines personnes. Un traitement humain des détenus du groupe islamiste Al-Qaïda ou des Talibans était inacceptable et par conséquent, le monde entier a constater que des faits de maltraitance, étaient avérés sur le terrain.

Le rapport indique aussi clairement que de nombreuses réunion ad hoc ont eu lieu avant la mise en œuvre de ces tortures and co, entre de hauts responsables de l’administration, dont Condoleezza Rice, l’actuelle secrétaire d’Etat. C’est de ces dernières que les décisions sur les techniques d’interrogatoires dures ont été prises, au printemps 2002. Un petit florilège, léger chapelet des griefs dont fait part le rapport :

- positions stressantes,

-nudité,

-privation du sommeil,

-simulation de noyade,

-torture,

-abus en tout genre.

De Human Rights Watch (HRW ; organisation de défense des droits humains à travers le monde, basée à New York) en passant par la Croix-Rouge ou Amnesty international, chacun dénonçait dès 2003, l’envers du décor, dans un silence de Cathédrale. Ce ne sont que les photos d’Abou Ghraib qui ont fait réagir le grand public et la presse. En réalité, c’était effectivement, la partie visible de l’iceberg car, personne ne savait ce qui se passait dans les prisons secrètes situés chez les satellites de l’oncle Sam, en Afghanistan, dans les pays de l’est de l’Europe ou à Guantanamo.

Après deux années d’enquête tous azimuts, il est regrettable de n’avoir que ces informations éparses car, le gros du rapport est classé, secret défense. On peut comprendre que ce qu’on reproche à ce trio infernal, est passible de la loi martiale, que dis-je, du Tribunal pénal international. D’autant plus que, sur le terrain irakien par exemple, des sociétés privées de triste mémoire comme Blackwater avec ses mercenaires et cow-boys, ont tué sciemment des civils, des innocents. Passons. La Commission a donc rendu son expertise, en fustigeant le secrétariat à la Défense qui, avec ses méthodes, a plutôt mis à mal, le travail de débroussaillage des services de sécurité américain en ces termes : « Ces méthodes ont nui à notre capacité à recueillir des renseignements exacts qui pouvaient sauver des vies, ont renforcé nos ennemis et compromis notre autorité morale »

Il est simplement triste de constater qu’il y a de bons criminels, et des mauvais criminels. Ainsi, malgré ce rapport accablant, nos protagonistes, complices de crimes contre l’humanité, couleront le restant de leur vie, des jours heureux, après avoir détruit la vie de millions de personnes. Voyez-vous une réelle différence entre ces gens et Hitler, dans la programmation et l’organisation, simplement pour le pétrole ? Excessive cette comparaison ? Sans doute....mais.


(crédits photo/AP)

Aucun commentaire: