lundi 19 janvier 2009

MARC MACHIN: DE L'ENFER AU PARADIS ?


Marc Machin



Le 1er décembre de l’année 2001, s’était déroulé un atroce meurtre sous le pont de Neuilly dans les Hauts-de-Seine (9-2). Une jeune femme, était assassinée sauvagement. Un jeune marginal, Marc Machin, 27 ans aujourd’hui, fils d’un gardien de la paix, était arrêté. Sous une pression policière indescriptible, il passait aux aveux complets. Il fut condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle. Pourtant, il était innocent. Il raconte que c’est sa foi qui l’a sauvé. Libéré de prison en octobre dernier, parce que le vrai meurtrier, David Sogno, s’est accusé du crime, sa peine a été suspendue, mais pour autant, il souffre le martyr, n’arrive véritablement pas à s’insérer. Son vœu le plus cher, est celui d’être réhabilité.


Le flair de l’éditeur Arash Derambarsh, des éditions du « Cherche-Midi » a fait le reste. Il est à l’origine notamment du best-seller de 2008, « Un avocat à abattre » de l’avocat incarcéré à Nanterre, Karim Achoui. Devançant tous les potentiels éditeurs qui voulaient faire de cette histoire, un roman autobiographique. Il prit contact avec le père de Marc Machin, avant sa sortie de geôle. Dès la sortie de prison, rendez-vous est pris chez l’éditeur. Actuellement, il prépare donc son livre, dont la sortie est prévue fin février début mars.


Vivant actuellement de la solidarité de ses proches, il a néanmoins obtenu pour son livre, un à-valoir de 10 000 euros, de quoi repartir tout doucement dans la vie. Sa sortie de prison, dit-il, a été un choc. Dans une interview donnée hier au Parisien, en compagnie de son éditeur Arash Derambarsh, le jeune homme, visiblement déçu de la lenteur de la justice pour le « réhabiliter », parle de la découverte du SMS, des clés USB ou encore des téléphones portables nouvelles générations. Il ne se souvient que de l’époque Tam-Tam. La prison c’est une perte totale de ses repères. Plus de Sécurité Sociale, pas d’emploi ni de revenus. On repart de zéro.

L’éditeur Arash Derambarsh, assure que le livre sera un véritable pavé dans la mare. Un livre vrai. Un récit poignant, sans concession. On sait aujourd’hui avec l’affaire d’Outreau que la Justice a un fonctionnement assez particulier. Beau prétexte en effet qua eu le chef de l’Etat pour flinguer son indépendance avec la possible suppression du juge d’instruction. Me Karim Achoui aura-t-il la même chance que Marc ?

Depuis sa sortie de prison, le jeune homme tente de se reconstruire sans succès. Il parle de ses années volées par l’institution judiciaire. La prison, ce coupe-gorge, sorte de mort aux rats qu’on oblige aux hommes à consommer avec satiété, bref, l’enfer. Il serait vraiment intéressant de savoir comment, après que les détenus de Fleury-Mérogis aient fait un reportage secret, quelle est l’attitude des matons et des autres prisonniers, vis-à-vis d’un « tueur ». Bien sûr, Marc Machin ne l’est pas, mais était considéré comme tel.

En attendant de découvrir son récit, la question est de savoir si, lors du prochain procès du présumé tueur, David Sogno, Marc Machin sera véritablement « réhabilité ».






(crédits photo/Le Parisien/LP/Gaël Cornier)

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