jeudi 22 janvier 2009

ÔTEZ DE MA VUE CE KEFFIEH PALESTINIEN !




Qui est donc ce Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini alias Abou Ammar qui, mort pourtant aujourd’hui, inspire les nouvelles générations occidentales dans la mode ? Yasser Arafat simplement, l’ancien président de l’autorité palestinienne. Faut-il s’inquiéter comme certains de cette évolution sociétale à contre-courant ou surannée diront certains ? Il y a comme un vent du changement inéluctable qui souffle sur le monde de la jeunesse, cette grande incomprise de nos jours. L’avenir de demain est entre leurs mains, et s’annonce meilleur. Tous ces bras cassés qui ont toujours tendance à opposer les uns aux autres, prêcheurs de haine et donc du manichéisme triomphant, nous parleront bientôt de dhimmitude, avec la violence inouïe qui les caractérise toujours. Un philosophe, un psychiatre, un sociologue, et le tour est joué pour refaire le monde à leur image. Depuis 20 ans, ces donneurs de leçons n’ont pas changé d’un iota, empêtrés dans leurs convictions au ras des pâquerettes.







La question hautement turlupinante du moment, qui doit certainement traverser l’esprit tourneboulé de quelques Ayatollahs de la pensée unique et autres mamamouchis de l’ordre moral, pourquoi pas ces extrémistes catholiques, juifs et chrétiens qui nous pompent l’air avec leurs idées rétrogrades est : doit-on interdire le port du keffieh ? Vous savez, ce grand foulard à carreaux blancs et noirs, très à la mode au Moyen-Orient depuis la nuit des temps et symbole de la lutte palestinienne. C’est certainement, ou ça va être, dans les prochains babillages de cet hiver « funky fresh » froid, le sujet phare. Dis maman, suis-je islamiste parce que je porte un keffieh ? Non évidemment. Ôtez ce keffieh ostentatoire que mes yeux ne sauraient voir ! Ce machin de Bédouins et de paysans arabes.

Je vois déjà, par visualisation mentale, certains qui poussent des cris d’orfraie, qui crient à gorge déployée. Ils passeront bientôt dans une chaîne de télévision, demandant à cor et à cri, de tous leurs vœux, l’interdiction du keffieh. Dans les lieus publics. Dans les écoles. Dans les administrations. Ils ont habituellement, l’art de régenter sur des sujets hautement inutiles. Ah, tout comme l’histoire du foulard dit islamique ? On a légiféré pour un bout de tissu et pourquoi pas pour un autre grand châle, symbole du terrorisme mondial. Terrorisme ? Oui, selon la journaliste-blogueuse de Fox News, très influente, Michelle Malkin, vraie conservatrice devant l’éternel et dont le blog fait un véritable carton, avec en moyenne 200 000 lecteurs par jour.

En effet, le mois de mai 2008, avait vu une grande polémique outre-Atlantique, lancée par la blogueuse, contre la société Dunkin Donuts (chaîne américaine de restauration) qui, dans une publicité pour ses donuts (beignets qu’on trempe dans le café), avait mis en évidence, une personne portant un keffieh. Michelle Malkin se lâcha, traitant le symbole comme étant un « Jihad chic », allant jusqu’à dire, je cite : « J'espère qu'elle a fait son choix de couture de haine plus par ignorance que par idéologie.» La société, embarrassée, retira, illico presto, la pub, en expliquant que ledit keffieh, n’avait pas de motifs pieds-de-poule, comme celui de Yasser Arafat, mais bel et bien « cachemire »…

Heureusement qu’en France, il n’y a plus de blogueurs dits « influents », tous s’étant retirés de la scène blogosphérique. D’ailleurs, c’était des blogueurs influents autoproclamés, lus par leur petite famille et rien de plus, encensés par leurs petits copains de certains médias. Oui, toute l’Europe est prise de fièvre "islamique", devrais-je dire, islamiste, l’Hexagone en particulier ? Tous sont sous le charme, devant le keffieh. Dans la rue, le métro, les administrations, les grandes écoles, les lycées, les collèges, les facultés, c’est tout le monde ou presque, qui arbore son beau châle autour du coup. Désormais, les sempiternelles couleurs traditionnelles, blanc et noir, ont cédé le pas à l’innovation apportée par des grandes maisons de couture comme Balenciaga, ou le distributeur scandinave, H&M.

Ce foulard est devenu : The foulard. Incontournable, abordable. Auparavant, il fut d’abord, un signe de ralliement des étudiants anticapitalistes. Aujourd’hui, il est devenu le bûcher des vanités. Sur un point de vue colories, il se décline maintenant en un choix divers et varié. Pour cette rentrée hivernale, les victimes de la mode conseillent aux uns et aux autres, d’adopter des tons plutôt sourds comme le marron, le bleu ou le vert, pour délaisser le rouge, trop criard, par exemple. J’ai ouï-dire qu’au marché de Sarcelles, dans le 9-5, département du Val-d’Oise, on en trouvait à 5 euros. Génial, il faut s’y mettre donc.

Finalement, n’est-ce pas beau tout ça ? Adoptons donc tous le keffieh. C’est plutôt glamour. Nous, occidentaux, n’allons pas toujours exporter notre mode de vie, notre mode vestimentaire ; notre conception sociétale, notre paradigme culturel ; notre vision manichéenne, notre suffisance ; notre mode de pensée, notre supposée supériorité. Fichtre. Le monde est devenu un grand village, sans frontière, que certaines idéologies hélas, plongent perpétuellement dans des affrontements hautement symboliques, ridicules et désuets.

1 commentaire:

Georges Marchais 4ever a dit…

C'est toujours pratique pour essuyer sa vaisselle !