vendredi 20 février 2009

DOM-TOM : UBU SARKOZY NU, SE MUE EN PERE NOËL.

Les édiles de l’Outre-Mer, ont été reçus hier, au Palais de l’Elysée, par le président Sarkozy. Mais, pourquoi avoir attendu aussi longtemps, avant d’amorcer ne serait-ce qu’un semblant de dialogue avec les Guadeloupéens ? C’est la question existentielle à laquelle, seul, Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat français, peut avoir une réponse. Après les atermoiements, les fausses informations et promesses, l’envie de pourrissement, finalement, ce que craignait le Gouvernement, il l’a lui-même occasionné. De quoi s’agit-il ? Le risque maintenant semble être l’effet boule de neige. Face à l’injustice que vivent les Antilles depuis des siècles, d’autres régions françaises ne s’engouffreront-elles pas dans la brèche ? Le président de la République, semble avoir pris le taureau par les cornes. Il demande aux Guadeloupéens d’être patients, de mettre sur pied des négociations sur une période de 3 mois. Après les nombreuses promesses non-tenues par le passé, c’est le scepticisme qui règne dans les rangs des membres du collectif LKP, dont le leader, Elie Domata, lui, a été reçu par le préfet de Guadeloupe.


Succinctement, le pouvoir a laissé s’installer cet effet papillon qui aura de graves conséquences à termes. Demain les Creusois, les Corses, les Béarnais, les « qui » ? La gestion calamiteuse de ce conflit social, émanation de la vie chère, finalement déclinée involontairement par le sempiternel problème « racial » békés, pouvait être géré autrement. Cet adage ironique va à Nicolas Sarkozy comme un gant : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » Que de maladresses ! Se murer dans un silence étourdissant et ridicule s’avère finalement calamiteux. A petits effets, grosses conséquences. On retombe dans les grosses promesses, les effets d’annonce tous azimuts. Où est la vérité ? Un chapelet de bonnes dispositions ici et là, des indignations dont la véracité reste à prouver, avec notamment la condamnation de l’assassinat du syndicaliste Jacques Bino, membre du mouvement culturel Akiyo et du LKP.

Il n’est vraiment pas allé de main morte. Il a tout donné ou presque, se déshabillant, s’engageant dans un strip tease dont on ne sait réellement s’il sera intégral. « Quand ça va se calmer aux Antilles, je viendrai » dit-il honteusement, nu comme un ver. « Sarko on t’as attendu, tu n’es pas venu » dit la chanson à lui dédiée avant l’élection présidentielle, "Sarko Kayé", lorsque le poète, Aimé Césaire ne voulut pas le rencontrer en Martinique, alors qu’il voulait faire passer la loi de ses amis et lui, sur les bienfaits de la colonisation (
vidéo). La surprise est quand même de taille. De voir le chef de l’Etat répéter tout ce que les Guadeloupéens disent depuis déjà un mois : dénonciation des injustices et des formes d’exploitations, on croit rêver. Rendez-vous est pris en avril, pour un déplacement sur l’île, pour y lancer des états Généraux. De mieux en mieux. On se pince pour savoir si nous ne sommes pas dans un rêve éveillé.

Et puis, vlan, début d’un vaudeville burlesque, après le temps de la réflexion, dit-il. Faux. Archi-faux. Tel un autocrate usé et factice, Ubu roi entre en scène. Ridicule, promettant tout et son contraire. Le petit papa Noël offre des cadeaux. Pas des moindres. Le nec plus ultra en cette période de récession. 580 millions d’euros. Un peu plus de 34 milliards d’anciens francs dont 280 au titre du RSA qui entre en vigueur dans les DOM, dès cette année semble-t-il, au lieu de 2010. Cette mesure concernant près de 110 000 foyers. Voici en gros, le reste des promesses :

- exonération de toute charge sociale de la prime exceptionnelle que les entreprises pourraient verser aux salariés modestes en Guadeloupe et complément sous forme de RSA. A peu près 200 euros donc.
- Etats généraux de l’Outre-Mer : piloté par Nicolas Sarkozy et concernant chaque collectivité. Bilan au mois de mai, avant un Conseil interministériel.
- 150 millions d'euros supplémentaires, alloués, pour l’amélioration du projet de loi pour le développement de l'outre-mer, qui pourrait devenir, des zones franches, assorties d’une exonération de charges sociales et pour booster le logement social.
- harmonisation des prix entre la métropole et les DOM, sur 100 produits de référence, de façon à permettre que les différences soient moins criardes.
- versement de la "prime de solidarité active de 200 euros qui anticipera le RSA dès avril, au profit de 243.000 bénéficiaires".
- remise à plat si nécessaire du système de fixation des prix des carburants, dont l’Etat est le grand bénéficiaire.
- remise à plat des conditions de la concurrence.
- formation des jeunes par le service militaire adapté (SMA), porté à 6000 au lieu de 3000 sur 3 ans.
- appel à référendum, sur le maintien ou non, d'un conseil général et d'un conseil régional, en vue de mettre sur pied, une collectivité commune par DOM.

Il ne manque plus rien pour que la fête soit belle et que ce nouveau partenariat Etat-DOM-TOM, soit réellement effectif, et que les promesses soient tenues. Mais, c’est du « déjà entendu ». Ne dit-on pas souvent que les promesses n’engagent que ceux qui y croient ? Quand on pense à la grande promesse de sauver la Guadeloupe du candidat Sarkozy en 2007, il y a de quoi s’inquiéter. Attention au remake du « Père noël est une ordure. » Jugez par vous-mêmes.
Wait and see !



Nicolas Sarkozy sur RFO Guadeloupe

2 commentaires:

emachedé a dit…

"exonération de toute charge sociale"> ou comment vider encore un peu plus les caisses de la sécurité sociale et des retraites.
Magnifique.

Ils demandent 200 euros de plus, on leur promet une myriade de solutions à la noix et... 50 euros.
Une plaisanterie douteuse.

Quant à la vidéo, l'impression d'un petit élève qui récite sa leçon, radote et répond forcément à côté de la plaque.
En revanche, comparer à maintenant, il est étonnamment zen.

nubiennes a dit…

De toutes les façons si ce n'était pas les békés qui avaient le monopole , qui crois tu qui aurait pris cette manne de l'état qui possède déjà toutes les banques des deux îles .Tout simplement parce qu'il faut de l'argent et de la matière grise pour investir et malheureusement toute la jeunesse diplômé et consciente a migré dans l'hexagone .