lundi 16 février 2009

LE GENOCIDE RWANDAIS ET LE POKER MENTEUR FRANCAIS !

Vous vous souvenez encore de Rose Kabuye, directeur du protocole de la présidence de la République rwandaise ? Vous avez oubliez ? Et pour cause, personne n’en parle plus. Pourtant, le pataquès suscité par son arrestation le 9 novembre 2008 à l’aéroport de Francfort, en Allemagne -munie d’un passeport diplomatique et en mission officielle, ce qui devait lui permettre de bénéficier de l’immunité et par extension d’une extraterritorialité-, faisant suite aux mandats d’arrêts européens et internationaux, lancé par le juge antiterroriste français, Jean-Louis Bruguière, à l’encontre de 9 dignitaires rwandais, très proches du président Paul Kagamé, fit couler beaucoup d’encre et de salive. En effet, ces derniers sont soupçonnés d’avoir commandité l’attentat du 6 avril 1994, qui a coûté la vie aux anciens présidents rwandais et burundais, Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira, plus 9 autres personnes dont les trois membres d’équipage, des français, dont les familles sont à l’origine de la plainte. Extradée vers la France le 20 novembre pour être présentée au juge, elle a été mise en examen pour « complicité d’assassinat, en relation avec une entreprise terroriste » et laissée libre sous contrôle judiciaire car, le juge d’application des peines, avait suivi la réquisition du procureur, c'est-à-dire le ministère public et/ou Etat. Et pourtant, il y a aujourd’hui plusieurs zones d’ombre, et un couac indescriptible.
Mme Rose Kabuye, est sans nul doute, la seule « terroriste » qui a déjà bénéficié d’un aussi clément jugement, et d’un régime de faveur aussi particulier qu’étrange. Malgré le fait que ce jugement soit assorti toutefois d’une interdiction de quitter la France, et d’une obligation de se présenter aux convocations des juges d’instructions, ces derniers qu’une personne, Nicolas Sarkozy, pour ne pas la nommer, veut supprimer par ailleurs, Mme Rose Kabuye, est bien loin de ces péripéties judiciaires. Souvenez-vous, elle avait quitté la France en grande pompe, dans un bruit confus de sirènes et le vrombissement des véhicules qui l’accompagnaient à l’aéroport, où, elle monta à bord d’un Boeing de la compagnie Ethiopian Airlines –la doyenne des compagnies aériennes africaines-, pour se rendre à Kigali, au Rwanda, le 24 décembre 2008, en vue de passer les fêtes de fin d’année en famille, avec l’obligation néanmoins, de regagner la France dès le 10 janvier. De mémoire d’homme, ce cas est unique et, s’explique par la complexité des relations franco-africaines.

Or, voilà déjà plus d’un mois qu’on avait plus de nouvelles de la rwandaise. Volatilisée, partie, perdue ? Non. Elle était revenue en catimini. Ce retour discret à Paris, part du fait qu’il ne fallait pas ébruiter le scandale qui pointait son nez à l’horizon. Et maintenant aussi, étrangement d’ailleurs, cette presse prompte à médire, à critiquer l’Afrique, mais non la Françafrique, fait preuve d’un blackout total impressionnant. Ce silence étourdissant en dit long sur les relations troubles franco-rwandaises, relatives au génocide des Tutsi. Que s’est-il passé depuis ? Rien ou presque. Le procès devait en principe repartir dès le 28 février. Rien n’a réellement filtré. Le juge Bruguière avale bien-là, une grosse couleuvre. Il est notamment accusé de vouloir… réécrire l’histoire du génocide rwandais, par certains dignitaires hexagonaux qui voient d’un mauvais œil ce procès. C’est ainsi d’ailleurs que le boss du quai d’Orsay, l’indispensable monsieur K. rentre en scène, lui, grand ami du dernier carré d’as de la Françafrique, l’axe lourd, Omar Bongo-Sassou Nguesso, respectivement, président du Gabon, et président du Congo. La dernière rumeur annonce que le premier vivrait un drame actuellement, à la suite du coma profond dans lequel, disent certains médias africains, de son épouse, fille du président Sassou Nguesso, Edith Lucie Bongo Sassou Nguesso.

En janvier 2008, il y a un an de cela donc, Bernard Kouchner, chef de la diplomatie française et chantre du droit d’ingérence dans l’existence des autres qui refuse en revanche aux tiers, d’entrer dans la sienne - sinon c’est l’accusation honteuse d’antisémitisme-, s’était rendu précipitamment dans la région des grands lacs. Ceci était la conséquence de l’offensive du président rwandais, Paul Kagamé, son grand ami, qui, vexé contre la France, avait menacé, par rapport à la mise en cause de ses proches, de lancer à son tour, des mandats d’arrêt, contre des dignitaires français. la France dans le génocide rwandais, c’est l’opération Turquoise. Les noms qui avaient été évoqués étaient ceux de François Mitterrand, Edouard Balladur, Dominique de Villepin, Alain Juppé, entre autres. Ce dernier avait violemment réagi, accusant les rwandais de falsification historique. Tiens. Aujourd’hui donc, se joue le plus grand poker menteur entre la France et le Rwanda, pour tenter de sauver les apparences. Finalement, semble-t-il, les autorités françaises se fichent complètement du sort des familles éprouvées face au drame de l’assassinat de feu le président Juvénal Habyarimana, le Rwanda aussi d’ailleurs.

Samedi dernier, 14 février 2009, nouveau rebondissement et coup de tonnerre : Mme Rose Kabuye reprenait l’oiseau de fer (avion), pour son pays, le Rwanda, cette fois-ci, sans bruit ni tambour. Apparemment donc, son procès n’est qu’une parodie, un triste montage pour faire croire que la Justice est indépendante ou prend en compte le drame que vivent certaines personnes. En définitive, que cache véritablement ce laisser-aller sans vergogne, quand on sait par exemple que, des français détenus à Guantanamo et libérés, sur qui il n’y avait aucune preuve, ont été incarcérés, une fois revenus en France ? Intérêts supérieurs de la Nation ? Faut-il enfin rappeler que la France n’a jamais fait d’efforts réels, pour enquêter ou incarcérer des « génocidaires » cités par Kigali, qui voguent en toute impunité à leurs activités journalières en France ? L’exemple le plus flagrant étant celui du prélat, Wenceslas Munyeshyaka, qui bénit ses ouailles tous les dimanches à Gisors et dont les arrestations et les libérations ressemblent à un film de série B ? Qui sait, dans 10 ans peut-être, on saura enfin la vérité, sur le génocide rwandais…

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