lundi 9 février 2009

Le n°1 français de tennis, Jo-Wilfried Tsonga, victime de propos racistes

Hier, le duel franco-français de la finale du tournoi ATP de Johannesburg, en Afrique du Sud, a vu la victoire du n°1 français du tennis, Jo-Wilfried Tsonga, 23 ans, la nouvelle victime de la négrophobie sur son compatriote, Jérémy Chardy, (6-4 ;7-6). « God save the Queen » est le titre de l’hymne national britannique. Après les phases de déguisements de mauvais goût nazis du prince Harry et ses propos racistes « raghead » pour désigner péjorativement les arabes, et « paki » pour les pakistanais, voici venue la période « golliwog » terme anglo-saxon désignant le noir, en pleine période d’esclavage, ou vu comme une poupée de chiffon au visage noir et aux cheveux hérissés, et « frog » (grenouille), terme qui est employé contre les français outre-manche, propos tenu par la fille de la dame de fer, Margaret Thatcher. Carol Thatcher, puisque que c’est d’elle qu’il s’agit, 53 ans, a ainsi désigné le nouveau Yannick Noah, Jo-Wilfried Tsonga, après son match perdu face à l’espagnol, Fernando Verdasco, en quart de finale de l’open d’Australie à Melbourne. Illico presto, elle, chroniqueuse sur la chaîne BBC-1, dans l’émission phare « The One Show », a été virée pour faute grave...


Un silence étourdissant en France. La presse hexagonale ne reprend intégralement que la dépêche de l’AFP. Personne ne veut se mouiller car, au sein des rédactions, certains ne veulent pas qu’on évoque l’efficacité contre le racisme des autorités britanniques. C’est vrai que ce n’est pas au pays des droits de l’homme qu’une star de la télévision reconnue coupable d’utilisation de propos racistes, même si elle est condamnée par la Justice, se retrouvera à aller pointer aux ASSEDIC. Une liste non exhaustive qui, pour la finir, il faudrait se lever dès potron-minet : Eric Zemmour, Marc-Olivier Fogiel, Feu Pascal Sevran, Finkielkraut… etc. Passons. Le cas Carol Thatcher est symptomatique de cette dérive qui arrive de plus en plus aux leaders d’opinion, ou considérés comme tel, qui se croient tout permis, même des blagues apparemment concupiscentes mais gravissimes.
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Carol Thatcher avait pourtant fait sa déclaration hors antenne, en off, donc. Dans une petite causerie avec le co-présentateur de l’émission, Adrian Chiles, la fille Thatcher s’était lâchée, utilisant ce poncif raciste, mais, son collègue a tout rapporté au tabloïd The Sun. Elle n’a pas démenti et son éviction a été directement prononcée, sans qu’aucune autorité française ne bouge le petit doigt, de la représentation diplomatique française à Londres, en passant par la Fédération française de tennis (FFT) qui était happée par le remplacement de Christian Bîmes. Ce dernier, resté pendant 16 ans président de la FFT, a eu comme successeur, Jean Gachassin, l’ancien international de rugby, chantre de la liste « FFT 2012 », soutenue par Yannick Noah qui est annoncé pour donner de temps à autre, un petit coup de main à son copain Guy Forget, le capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis.
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Le plus choquant dans l’histoire, c’est que Carol Thatcher, ait insisté, le lendemain, après une demande d’explication, dans la foulée, des excuses d’une platitude abyssale pour dire qu’elle blaguait simplement, alors qu’elle avait prononcée ces immondices, devant une collaboratrice mauricienne qui était restée sans voix. Mais, petit bémol souffla-t-elle, "il est…..demi-noir ce joueur de tennis". Très expressive, la fille de l’ancien premier-ministre britannique aurait même mimé son geste, en faisant parcourir de sa main, son visage, pour mieux indiquer que Jo-Wilfried Tsonga, était bel et bien…foncé, comme si c’était une tare. Le champion, interrogé par la presse britannique, n’a pas voulu s’exprimer. Seuls ses parents, notamment sa mère, Evelyne, depuis Le Mans, au domicile familial, s’est insurgée, estimant que cette déclaration est foncièrement raciste et une véritable provocation.
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La polémique qui s’en est suivie au Royaume–Uni est devenue tellement vive que, beaucoup de personnes commencent à se demander jusqu’où la police de la pensée (sic) suivra-t-elle chacun ? Existe-t-il encore des conversations privées, demande un homme ? Va-t-on finalement mettre des micros même dans les chiottes des administrations, renchérit un autre, choqué par l’éviction de miss Thatcher ? La surprise est venue du fantasque maire de Londres, l’inénarrable Boris Johnson et du journal The Guardian qui, rappelant le précédent incident qui avait vu le journaliste Ron Atkinson, traiter Marcel Desailly de tous les noms d’oiseaux croyant qu’il était hors antenne, demnde une jurisprudence Desailly car, cet écart de Atkinson, lui avait été pardonné et, avec le maire de Londres, le journal demande qu’il en soit ainsi pour la chroniqueuse. Le standard de la BBC aurait été bombardé d’appels de protestations, par les anti-éviction, et les pour.

1 commentaire:

emachedé a dit…

Franchement vu le niveau de l'insulte à l'antenne ou hors antenne, la sanction sera comprise.
C'est certes radical mais ça calmera la meute

Et chez nous , Narcy avec ses champs de coton, aurait au moins mérité une suspension temporaire

Sinon que faire? Rien?