mercredi 25 février 2009

Mahmoud Ahmadinejad chez Barack Obama au... Kenya.

Stupeur et tremblements en Afrique de l’Est ? Crainte d’un bombardement pour cause de coopération nucléaire avec l’Iran ? D’ailleurs, on se souvient que, pour moins que ça, suite à des inventions sur la supposée relation terroriste entre Ben Laden et Saddam Hussein, l’Irak est encore aujourd’hui, le théâtre de violence. Hier, sur l’aéroport international Jomo Kenyatta de Naïrobi au Kenya, pays du père du président américain Barack Hussein Obama dont on connait l’attachement, atterrissait l’avion d’un président controversé. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé au pays des Mau Mau et des guerriers Masaï, après une brève visite à Djibouti où, il avait été reçu en grande pompe, par le chef de l’Etat, Ismaïl Omar Guelleh. Les médias hexagonaux n'en parlent pas étrangement. Etourdissant silence qui en dit long, sur les pratiques journalistiques qui veulent toujours présenter l'Iran, comme une menace.


Selon les dirigeants kenyan, cette visite du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad tend à stimuler de manière significative les relations commerciales entre les deux pays, ainsi qu’à tisser de vrais liens politiques. Arrivée à la tête d'une forte délégation de plus de 100 hauts fonctionnaires et hommes d'affaires, M. Ahmadinejad a été accueilli avec les honneurs dus à son rang. Il est le premier chef de l'état iranien à se rendre au Kenya depuis 1996. Selon les responsables iraniens, cette visite haute en couleurs, vise la mise sur pied d’une expansion aussi bien politique qu’économique, avec les pays d'Afrique de l'Est. Le point économique étant selon eux, la priorité.

Depuis de nombreuses années, l’Iran a toujours été présent dans cette contrée africaine, notamment sur le plan industriel. Il y exporte du pétrole, des produits chimiques et ses tapis persans, dont la réputation remonte à l’âge du bronze. Le Kenya considère l'Iran comme étant un débouché potentiel, un marché clé même, pour son thé noir prestigieux, aussi prisé que l’indien, le Tchaï, dont l’absence rendrait presque le quotidien obsolète. Plusieurs accords bilatéraux devraient être signés, affirme-t-on du côté iranien. L’Iran pourrait ainsi voir le volume de ses échanges commerciaux avec le Kenya bondir à hauteur de 500 millions de dollars, d'ici à la fin de l'année prochaine. L'Iran a promis de supprimer les tracasseries bureaucratiques qui retardaient habituellement, le transfert du thé et d'autres marchandises en provenance du Kenya. A cet effet aussi, les autorités kényanes sont invitées à ajouter d’autres produits, notamment la viande bovine et les produits de la pêche sur la liste des exportations vers l'Iran.

Les deux gouvernements ont également convenu d'établir des liens aériens directs entre Nairobi et Téhéran, la mise en place d’une ligne maritime entre le port iranien de Bandar Abbas et le kényan de Mombasa, puis, de construire un centre de commerce iranien à Nairobi. Selon d’autres indiscrétions médiatiques, il a été évoqué également, la possibilité que l'Iran, dès le mois de mai, signe un accord de partenariat, pour aider le Kenya à construire une centrale nucléaire… civile, en vue de produire de l'électricité. Une société iranienne a déjà été engagée par le gouvernement du Kenya, pour la construction d’une centrale hydroélectrique au nord de Nairobi et d'une centrale électrique à gaz, près de Mombasa, la deuxième ville du pays.

Le Kenya cherche donc à acquérir de l'énergie nucléaire. Selon Joshua Musyimi, qui dirige un projet de développement de l'énergie au ministère kenyan de la planification, le gouvernement n'a pas caché qu'il est urgent de procéder par cette recherche de partenaire, qui peut fournir le savoir-faire technique nécessaire, pour développer un programme d'énergie nucléaire pour le Kenya. Il a mentionné que la montée en flèche de la demande en électricité et l’envolée des prix du pétrole et de ressources naturelles limitées de son pays, sont quelques-unes des raisons pour lesquelles il est intéressé par l'énergie nucléaire.

« Compte tenu de cette situation-là, le gouvernement a décidé de diversifier ses ressources de production d'électricité, considérant le coût très élevé de l'huile employé dans les centrales électriques », a poursuivi Musyimi, ajoutant « Alors, pour commencer, il est proposé que le secteur privé, ait la possibilité de développer une puissance de 300 à 1000 mégawatts de centrales nucléaires au cours des sept prochaines années. »

C’est assez surprenant, quand on connaît l’ambition jamais démentie de la poursuite inlassable de l’Iran, dans son nucléaire décrié, source d'inquiétude pour l'Occident et Israël. Ce n’est un secret pour personne, à maintes reprises, le pays le plus influent du golfe Persique, n’a jamais reculé dans la mise sur pied du programme de ses installations nucléaires. Il dit vouloir juste produire de l'électricité mais, la production complexe du plutonium peut aussi s’avérer inquiétante, pour produire des armes nucléaires.

Nouvellement élu président des Etats-Unis, Barack Hussein Obama, avait indiqué, qu'il est disposé à ouvrir un dialogue constructif avec Téhéran. Son virevoltant homologue, Mahmoud Ahmadinejad, homme-lige des mollahs, a également signalé sa volonté de s'engager avec les Etats-Unis, dans ces négociations qu’il souhaite équitable. Mais, le président Obama a affirmé que l'Iran doit d'abord abandonner son programme nucléaire, avant que cette possibilité ne soit engagée. Le président iranien a rétorqué que l’Amérique devait aussi s’excuser pour le mal qu’il avait fait à l’Iran depuis de nombreuses années et par conséquent, les relations diplomatiques entre ces deux pays, ne sont pas vraiment à l’ordre du jour.

Les États-Unis n'ont fait aucun commentaire sur « l’offensive » iranienne en Afrique de l’Est. Ces voyages du leader iranien, doivent certainement inquiéter l’administration Obama, d’autant plus qu’on a parfois mentionné une cellule d’Al Qaïda dans la corne de l’Afrique. Le président Mahmoud Ahmadinejad, poursuivra sa visite aux Îles Comores.

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