mardi 10 mars 2009

OBAMA ET LA QUESTION AFGHANE: DOUX RÊVEUR OU REALISTE ?

L’homme le plus puissant du monde est-il simplement « candide ou l’optimisme » s’interrogent aujourd’hui des voix de part le monde ? Barack Hussein Obama, le président américain, est entrain de faire traverser aux bellicistes de tous bords et autres va-t-en guerre spécialistes de l’esbroufe et du choc des civilisations, de très mauvais moments. Il se murmure notamment que l’Etat hébreu, attaquera coûte que coûte l’Iran, pour faire changer d’avis à la nouvelle diplomatie américaine, qui ne parle plus que de dialogue. Syrie, Iran, et maintenant avec les Talibans… modérés. Rêve éveillé, hypocrisie, naïveté ou réalisme ?


Le gaucher le plus célèbre du monde, derrière le coach argentin de football, Diego Armando Maradona, à propos de l’Afghanistan, dit espérer que les troupes américaines sur place, peuvent identifier les éléments modérés des Talibans et éventuellement les amener à la table des négociations. Hamid Karzaï, le président afghan dont le fauteuil vacille depuis l’arrivée du nouveau président à la Maison Blanche, qui lui-même avait entamé une démarche similaire, salue l’initiative de la diplomatie américaine. Une réconciliation hypothétique semble poindre à l’horizon…

Tout en saluant le travail extraordinaire des troupes américaines dans une situation très difficile (sic), le président américain, semble jouer sur le tableau du réalisme. L’Afghanistan ne peut se construire sans une partie de ses enfants, soient-ils extrémistes ou nom. En revanche, ces défenseurs de Ben Laden, pourront-ils vivre dans une société qui, peu à peu, réintègre les femmes, admet des fillettes dans des écoles ? Les enseignements issus des madrasas pakistanaises, pourront-ils devenir des faire-valoir ? Là, résident, les nombreuses questions que se posent de nombreux observateurs, spécialistes des questions afghanes. Ces derniers s’appuient à juste titre d’ailleurs, sur les conditions qui se sont détériorées sur le terrain, au cours des deux dernières années. Les talibans sont devenus plus audacieux qu'auparavant. Les attaques sont devenues plus professionnelles, notamment dans le sud du pays.

Dans une interview récente, au New York Times, le président Obama a reconnu que la méthode employée par les américains n’était pas la bonne, et que le Gouvernement Karzaï n’avait toujours pas gagné la confiance du peuple afghan. Ainsi, il lui apparaît essentiel que la prochaine consultation électorale qui aura lieu le 20 août prochain, malgré un décret du président qui l’avance en avril car son mandat s’achève en mai. Cette deuxième élection présidentielle du pays, dans un suffrage universel direct, suscite beaucoup d’espoir et d’inquiétude. Sur les 5 millions de personnes inscrites sur les listes électorales, il y a plus de 30% de femmes. L’afghan à la mobylette, l’anguille, le mollah Omar, a d’ores et déjà demandé aux afghans de boycotter cette élection.

S’appuyant sur les conseils du général David Petraeus, Barack Obama pense pouvoir atteindre les mêmes objectifs qu’en Irak, à savoir, la pacification de certains groupes terroristes sunnites, qui ont changé de fusil d’épaule. Il reconnaît néanmoins que, en Afghanistan, la situation est beaucoup plus complexe. Mais, il a bon espoir que tout se passera comme il pense. C’est ainsi que certains le traite de doux rêveur, qui s’aliénera toujours à termes, les talibans, des personnes qui, selon eux, n’accepterons jamais de partager le pouvoir avec un régime laïc.

Répondant à la question sur le renforcement des troupes en Afghanistan (17 000 hommes supplémentaires), le président Obama, tout en justifiant cette action, a reconnu que les conditions qui se sont sensiblement détériorées sur place, appellent à plus de vigilance et, certainement, une intensification des combats sur place, s’amorce indubitablement cette année. Il a néanmoins reconnu que ce ne sont pas les actions militaires, qui résoudront les problèmes de fond. A cet effet d’ailleurs, des voix, dont celle du président afghan en exercice, Hamid Karzaï, s’élèvent pour demander une amnistie aux membres de l’ancien régime taliban, dont la sécurité serait garantie, s’ils acceptaient d’entamer des négociations. Le borgne afghan le plus célèbre, Mohammad Omar aka Mollah Omar, semble ne pas être de cet avis.

Même les Saoud, famille royale d'Arabie saoudite, ont voulu également tenté de parrainer ces éventuels pourparlers, entre les insurgés et le gouvernement afghan. Mais, jusqu’à présent, peu de progrès ont été réalisés. Le véritable problème qui se pose avec acuité en Afghanistan c’est que l'insurrection est composée de groupes disparates. Entre des talibans qui opèrent sur place, et d’autre depuis le Pakistan voir sur les frontières avec l’Iran, on ne sait finalement à quels saints se vouer. Il faut ajouter à cela, la présence de combattants étrangers, notamment, des anciens commandants du djihad, aliénés à des chefs tribaux, les barons de la drogue et les bandits de grand chemin, ce qui rend hypothétique, une vraie réconciliation au pays du pavot-roi.

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