lundi 8 juin 2009

OMAR BONGO ONDIMBA SERAIT VIVANT !

Comme une trainée de poudre, la frénésie des dépêches ne s’est pas fait attendre. L’emballement médiatique n’a pas tardé dès l’annonce par Le Point du décès du chef de l’Etat gabonais, El Hadj Omar Bongo Ondimba, 73 ans, anciennement Albert-Bernard Bongo avant sa conversion à l’Islam et le rajout plus tard d’Ondimba, nom de son géniteur. C’est l’un des derniers dinosaures de la politique postcoloniale africaine. Hospitalisé pour un cancer depuis de nombreuses semaines à la clinique Quirón de Barcelone en Catalogne, l’homme serait décédé selon des sources proches du Quai d’Orsay annoncent les télégrammes. Un démenti formel vient d’arriver de Libreville au Gabon : « Bongo n’est pas mort ! » selon La ministre gabonaise de la Communication Laure-Olga Gondjout et le premier-ministre, Jean Eyéghé Ndong qui a fait une annonce dans ce sens, en direct à la RTG (Radio télévision gabonaise). Qui croire ?

Une succession qui s’annonce difficile.

Les Gabonais ne veulent pas entendre parler semble-t-il, du clan Bongo Ondimba, ad vitam aeternam, d’où, une mobilisation générale de l’opposition après avoir eu vent de plusieurs scénarii envisageables suite à la chronique de la mort annoncée du patriarche gabonais Omar Bongo Ondimba. Haro sur un scénario à la Joseph Kabila en RDC (République démocratique du Congo) ou Faure Gnassingbé au Togo où, les fils, malgré la Constitution, ont transformé des Républiques en monarchie. Omar Bongo Ondimba, c’est 42 ans au pouvoir. Un pouvoir sans partage, ferme et sanguinaire à ses débuts. O.B. comme le nomment affectueusement les Gabonais aurait donc cassé sa pipe. C’est la deuxième fois en quatre décennies au pouvoir qu’on annonce ainsi sa fin. Il démentait lui-même habituellement d’où une inquiétude croissante au Gabon face à son silence.

On prête à feu et/ou vivant Omar Bongo Ondimba, d’avoir préparé à sa succession, sa fille aînée Pascaline Nferri Bongo Ondimba, 52 ans, ancienne ministre des Affaires Etrangères et chef de cabinet de la présidence gabonaise, épouse de Paul Toungui, ministre d’état des Affaires Etrangères. D’un autre côté, il semblerait que son jeune frère, Ali ben Bongo, 50 ans, anciennement Alain-Bernard Bongo, ministre de la Défense, lui, voudrait faire coup d’état constitutionnel assez rapidement, aidé dans son action par son ami d’enfance, le ministre de l’Intérieur André Mba Obame qui deviendrait premier-ministre. Nous n’en sommes pas encore là mais, la Françafrique est aux abois. Omar Bongo Ondimba mort ? C’est une antienne qui paraît irréelle tellement, cet ami de la France qui considérait jadis que « la France sans le Gabon est une voiture sans chauffeur… » est immortel dans l’imagerie populaire africaine. Il faut avouer que ces derniers temps, il a été sérieusement éprouvé.




Chronique d'une mort annoncée.

La confusion qui entoure la mort du chef de l’Etat gabonais ne saurait aujourd’hui éluder ce que l’homme a vécu ces dernières années, période de trois ans très éprouvante. Il y a d’abord eu la maladie de son épouse, Edith-Lucie Bongo Ondimba, née Sassou Nguesso, fille du président congolais (Brazzaville), Denis Sassou Nguesso. Durant ces trois dernières années donc, l’homme a veillé sur son épouse jour et nuit, avant que celle-ci ne soit transférée dans un hôpital marocain à Rabat où elle a rendu l’âme le 14 mars dernier. Il n’aurait semble-t-il pas supporter la fin de cette dernière. Un malheur n’arrivant jamais seul, l’ami de la France s’est retrouvé malgré lui dans un hôpital espagnol, parce que des poursuites judiciaires étaient envisagées contre lui en Hexagone, affaire relative aux biens mal acquis pour lesquelles, la Justice française était prête à enquêter. Il y avait aussi la saisie de certains de ses comptes. Probablement, ça devenait intenable pour le dernier des Mohicans françafricains.

Pour les uns, Omar Bongo Ondimba serait décédé à Barcelone, pour d’autres, il se serait retiré à Masuku, actuel Franceville, dans sa province d’origine, où il serait décédé hier. Personne n’aurait en réalité, de vraies nouvelles sur sa supposée disparition. Il est étonnant que sa famille proche ne communique pas sur cet évènement majeur. Bongo est ou était l’une des figures les plus marquantes et emblématiques de cette Afrique-là, où le pouvoir et les biens publics se confondent avec sa propre personne. Ami de Jacques Foccart, ancien des services secrets français, O.B., aura finalement marqué son époque. En Afrique, s’il est finalement avéré que le doyen des chefs d’états est décédé, il ne restera plus qu’un duo de chefs d’Etats au pouvoir depuis plus de deux décennies déjà : Paul Barthélémy Biya’a bi Mvondo du Cameroun, 76 ans et 27 ans au pouvoir en novembre prochain, et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée Equatoriale, 67 ans et 30 ans au pouvoir. On peut inclure à la liste, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, 66 ans et 13 ans au pouvoir de 1979 à 1992, et de retour à son poste après un nouveau coup d’état, depuis 1997. En tout, il cumule 25 ans de présidence.

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