jeudi 2 juillet 2009

On victime de plis : Lettre ouverte à Marie-Luce Penchard, secrétaire d’Etat à l’outre-mer.


Madame le Ministre,

Vous venez d’être nommée comme secrétaire d’Etat à l’outre-mer. Pour ce fait, je voudrais tout d’abord vous adresser mes vives félicitations. Puisse enfin voir une ultra-marine s’occuper des problèmes de ses compatriotes qu’elle prendra -c’est un espoir-, à bras le corps. Ici, il s’agit justement de la Guadeloupe dont vous êtes originaire, et non de votre vaste champ d’action allant de Wallis et Futuna, en passant par la Nouvelle Calédonie, la Martinique, Mayotte, La Réunion, Saint-Pierre et Miquelon, la Polynésie française, la Guyane ou encore Saint Martin, Saint Barthélémy ou enfin les Terres australes et Antarctiques françaises.

Madame le ministre, si je vous écris ce jour, c’est pour dénoncer une injustice, celle de la spoliation cadastrale dont est victime un homme, M. Germain Adolphe Bonhomme. Après avoir acheté une parcelle de terrain à bâtir sise au lieu dit formant le numéro dix-huit (18) de la zone d’Aménagement concerté dite Zac de Houelbourg sud, se retrouve aujourd’hui incapable de jouir de son bien référencé(AN 31 P.C. 971 10307 R1 189) à cause de l’anarchie qui entoure l’acquisition d’autres lots lui faisant frontière, notamment le dix-sept (17). M. Themine, liquidateur de la Sodeg devenue l’Agat, a vendu une parcelle à M. Koury qui se comporte en véritable colon en ignorant sa présence, puisqu'il empiéte en toute impunité sur son terrain. En effet, après l’avoir enclavé, vandalisé ses installations électriques, de téléphone et d’eau, malgré une procédure judiciaire demandant l’arrêt de cet anarchisme, rien n’y fait.


Ce cas dont vos prédécesseurs ont eu à traiter avec des pincettes devrait, j’en suis sûr, vous interpeller au plus haut point. J’ai ouï-dire, Madame le ministre, que, vous avez en horreur l’injustice. Alors, sans aucun doute, vous la stopperez donc. Le cas de ce retraité, M. Germain Adolphe Bonhomme, spolié de son terrain acquis en 1972 grâce à ses petites économies à Morne Houelbourg Baie Mahaut, notamment parce qu’il voulait préserver le patrimoine culturel guadeloupéen, est une triple insulte.

- Primo : injure à la mémoire du patrimoine historique et environnemental au dépend d’un urbanisme sauvage et asocial.
- Deusio : offense à la valeur du travail, d’autant plus que le sieur Bonhomme avait créé une structure gastronomique créole, le « Blue Paradise ».
- Tertio : violation du droit et entrave à la justice car, l’arrêté du 26 octobre 2007 interdisant à la SCI-KEFRAS de poursuivre ses constructions n’a aucun effet, malgré des constats, et par conséquent, en toute impunité, outrepassant la loi avec un mépris abyssal, rien n’est stoppé à ce jour.

Répondant aux différents courriers de protestation et de supplication à eux adressées par M. Germain Adolphe Bonhomme, les autorités s’appuient sur le fait que la Justice suit son cours. Soit. Oui, mais, faut-il que M. Bonhomme se fasse justice puisque les autres ne la respecte pas ? Peut-on accepter de voir la Guadeloupe se comporter comme une République bananière au sein d’un Etat de droit qu’est la France ?

Ayant foi en la Justice, la condamnation de ce crime ressemblant étrangement à de l’esclavage ne devrait plus avoir cours. En espérant que vous prendrez cette situation ubuesque en main, veuillez agréer, Madame le ministre, l’expression de mon plus profond respect.

2 commentaires:

peinard72 a dit…

Bonjour,moi aussi j'ai horreur de l'injustice et je vais tenter d'approcher Mme Penchard pour que l'état de droit proclamé partout soit aussi le cas pour la Guadeloupe.
Depuis des dizaines d'années mon père se bat contre l'état qui veut le spolier de sa propriété.Il a réussi à faire valoir ses droits devant le Conseil d'Etat qui a débouté celui-ci de toutes se prétentions sur un soi-disant "domaine maritime" et maintenant après avoir eu des assurances écrites du même état sur des travaux d'aménagement du canal traversant sa propriété,après DIX ANS d'attente sans RIEN ,maintenant le préfet décide que son terrain doit servir de poubelle de déversoir des pluies qui n'ont jamais submergé ses terrains qui deviennent à cause du PPRN inconstructibles et qui lui cause donc un énorme préjudice.Evidemment mon père n'est pas né en Guadeloupe!
L'état n'a jamais avalé le fait que le dommaine maritîme soit dégagé.Mon père a plus de 80 ans et ça fait plus de 30 ANS qu'il réclame justice et que l'état cesse de sans arrêt remettre en cause son droit de propriété.

SANSVOIX a dit…

C'est aux Antillais de jouer, nous sommes prêts à les suivre, car nous c'est depuis longtemps que nous sommes conscients que l'injustice qu'ils subissent, nous la subissons aussi d'une façon ou d'une autre, dans notre profond amour-propre, individuel ou collectif.

Regardez, les médias ont tout fait pour tenter de détacher Michael JACKSON de sa communauté africaine-américaine aux USA, pour s'être fait blanchir la peau.

A sa mort une époustouflante démonstration vient d'êtrte faite que le communauté noire, au-déla de la communion planétaire arc-en-cile de fans de MJ, elle ne s'est jamais faite à l'idée que MJ n'était plus le sien.

Les Antillais qui auraient tendance à s'apprécier proportionnellement à l'once de la proportion d'éclaircissement de la peau des individus, ils devraient prendre l'exemple sur cette attitude que nous offre la triste occasion de la mort de MJ.

Pour mieux mener le combat contre l'injustice, il faut commencer par s'aimer soi-même tel qu'on est et tel qu'est ton frère immédiat.

ASV