mercredi 23 septembre 2009

UNESCO: voici comment ils ont flingué Farouk Hosni.


Le champagne a coulé à flot, hier, au 7 Place de Fontenoy, siège de l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) , et au-delà. Les petits fours, le caviar et les yo-yo arabes brocardant Farouk Hosni, le ministre égyptien de la Culture, tombé les armes à la main après un complot retentissant, aussi. Il est sans doute préférable de tuer des civils palestiniens que d’avoir la langue qui fourche. On a plus de chance d’être reçu à la Maison Blanche quand on a du sang sur les mains et qu’on ne respecte rien. Le monde est simplement formidable. C’est un vaste cirque dans lequel, aujourd’hui, la raison du plus fort reste indubitablement la meilleure. Ceci n’enlève en rien, la valeur de la nouvelle directrice générale de l’UNESCO, la Bulgare Irina Gueorguieva Bokava sur qui, personne n’avait misé un kopek. Que s’est-il passé ?


Irina Gueorguieva Bokava est une éminente personnalité. Elle est Ambassadrice bulgare et Déléguée permanente de son pays auprès de l’UNESCO depuis 2005. Née le 12 juillet 1952 à Sofia, divorcée, elle est mère de deux enfants. Son frère Philip est l’un des principaux conseillers du président de la République bulgare, M. Gueorgui Parvanov. Après ses études primaires à l’école 128, elle intègre le lycée 114 à Sofia où l’enseignement se fait principalement en anglais. Baccalauréat en poche, elle part étudier à Moscou dans le prestigieux Institut des Relations Internationales. Elle en sort diplômée en 1976 et intègre immédiatement le ministère des Affaires étrangères. Polyglotte, elle parle le russe, l’anglais, le français et l’espagnol. Elle est successivement Troisième Secrétaire à la Représentation permanente de la Bulgarie à l’ONU à New York de 1982 à 1984, Troisième puis Deuxième Secrétaire au Département « ONU et Désarmement » de 1984 à 1987. A partir de cette date, elle est Chef de section au cabinet du Ministre des Affaires étrangères et devient Premier Secrétaire le 1er septembre 1991. Bref, c’est une diplomate de carrière et issue du Parti socialiste bulgare avec lequel, elle avait même postulé comme candidate à la présidence de la République. Elle fut aussi une éphémère ministre des Affaires étrangères de son pays pendant 1 ans.

Quant au surprenant perdant, Farouk Hosni, tout avait commencé avec la tribune de certains personnages peu recommandables eux-mêmes, dans le journal Le Monde. Une fronde et un harcèlement sans fin qui, jusqu’à la dernière minute, plus précisément une heure avant le vote final lors du 5e tour de scrutin, allait s’accélérer. Le pauvre Farouk Hosni était accusé par le duo Bernard-Henri Levy et Liliane Lazar, d’être un espion et/ou terroriste. Comme une trainée de poudre, la rumeur se propagea à la vitesse grand V. Durant cet intermède assassin, une panique générale gagna l’UNESCO. L’écho de cette accusation.....au conditionnel avait asséné définitivement le coup de massue, suffisant pour ternir à jamais l’image du ministre égyptien de la Culture. Une machination digne d’un film de James Bond, un tour de passe-passe dont seul B-H L a le secret avec ses réseaux médiatiques qui allaient faire le reste jusqu’à New-York. Le candidat de la France, de la Ligue arabe et de l’Union africaine était ainsi voué aux gémonies et sacrifié. La sombre histoire de la prise d’otages du bateau italien, Achille Lauro, en 1985 par des membres de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) ne lui est pas attribué mais, ses accusateurs indiquent qu’il aurait protégé les terroristes. Vaste programme de filouterie.

Auparavant, bien avant ce scénario catastrophe, il faut avouer par ailleurs que cette défaite est aussi le signe d’un manque criard de solidarité africaine. En effet, comment un continent aussi fragile que l’Afrique s’est-il présenté à cette élection en ordre aussi dispersé ? Il est aisé de critiquer mais, les africains doivent comprendrent enfin qu’ils ne sont plus des mineurs. Kwame Nkrumah, le leader panafricain ghanéen qui était convaincu de la force de l’Afrique et qui croyait mordicus à "l’unité africaine", doit se retourner dans sa tombe en voyant ce pitoyable spectacle donné par les Africains, incapables d’avoir un candidat commun. Sur les 9 candidats qui conccouraient, le berceau de l’humanité (Afrique), comptait 4. Il s’agissait de Mohammed Bedjaoui (Algérie), Farouk Hosny (Egypte), Sospeter Mwijarubi Muhongo (Tanzanie) et Nouréini Tidjani-Serpos (Bénin). Aucun consensus n’ayant été trouvé, certains pays ont même préfére s’allier à d’autres continents. Le comble pour cette Afrique-là, constamment montrée du doigt et qui n’arrive toujours pas à relever la tête, c’est de demeurer la risée du monde entier encore une fois.

Depuis sa création en 1945, l’UNESCO a heureusement eu à sa tête pendant 13 ans, le Sénégalais Amadou-Mahtar Mbow. Jamais, un Arabe n’avait été aussi près du but. N’eût été la division, aucun lynchage ne pouvait en réalité entamer la personnalité du ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni. Tous les subterfuges imaginables et inimaginables ajoutés à tous les scénarii diaboliques ne pouvaient en réalité destabiliser cette candidature, si les Africains faisaient corps. Comme le mentionnait le poète martiniquais décédé Aimé Césaire, probablement plus grand poète francophone contemporain, dans son chef-d’oeuvre Cahier d’un retour au pays natal : "c’est une foule qui ne sait pas faire foule". En conclusion, la défaite de Farouk Hosni est celle de la France, de l’Union pour la Méditerranée et de l’Afrique. Peut-on donc considérer ceux qui ont sapé cette candidature comme des traitres au service d’une nation autre que la leur en foulant au pied ses intérêts ? Il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas...


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