jeudi 17 septembre 2009

Vive colère et grand embarras en Israël



Comme vous le savez tous, nous fêtons le nouvel an chez nous en Israël dès vendredi. Ainsi, les autorités israéliennes vont boucler la Cisjordanie dès 24h, jusqu'à lundi minuit. Mais, les fidèles musulmans de Cisjordanie âgés de plus de 50 ans pour les hommes et de plus de 45 ans pour les femmes seront ponctuellement autorisés à se rendre à Jérusalem pour participer aux prières du dernier vendredi du ramadan sur l'esplanade des Mosquées. Dans le même temps, Israël lance des cris d'orfraie contre l'ONU. J'ai pris ce texte qui illustre le malaise hypocrite d'Israël, non, des dirigeants, et non du peuple. Richard Goldstone (photo) a plutôt fait du bon boulot, non ?

Renée-Anne Gutter


Pour La Libre Belgique


Mis en ligne le 17/09/2009


Le jugement de l'Onu sur l'offensive israélienne à Gaza jette le trouble.


Netanyahu laisse planer le doute sur une rencontre avec Abbas


Un prix décerné au terrorisme", "une moquerie de l’Histoire", "un jugement sommaire, politique, à parti pris anti-israélien", "où sont les redresseurs de torts lorsqu’il s’agit de crimes contre les civils en Somalie, en Afghanistan, en Tchétchénie ?"


Depuis la publication du rapport Goldstone, mardi, Israël ne décolère pas. Les porte-parole officiels sont unanimes : cette enquête commanditée par le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu est partiale et mal intentionnée. Elle marginalise le fait que le Hamas est à l’origine de la guerre. Ses conclusions ne feront qu’encourager le terrorisme à toutes les frontières d’Israël et freiner le processus de paix.


La commission dirigée par le magistrat sud-africain Richard Goldstone a enquêté, rappelons-le, sur l’offensive qu’Israël a menée l’hiver dernier contre le Hamas à Gaza. Et elle a conclu à des "crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité" tant de la part de Tsahal que de la part du Hamas.


Mais, dans l’analyse israélienne, le rapport ne condamne le Hamas que "par acquit de conscience", alors que les critiques contre Tsahal sont extensives et d’une sévérité sans précédent. D’autant plus que le rapport appelle le Conseil de sécurité à exiger d’Israël une enquête indépendante sur les agissements de ses troupes durant l’opération "Plomb durci", et en cas de refus d’Israël, à en référer au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye.


Aussi, de la même façon qu’il a refusé dès le début de coopérer avec la commission Goldstone, le gouvernement Netanyahou rejette dès à présent toute possibilité d’enquête indépendante. Pourtant, même les défenseurs israéliens des droits de l’Homme appellent à une investigation autonome, rappelant les témoignages qu’ont donnés des soldats israéliens eux-mêmes au sujet d’actions répréhensibles de certains de leurs compagnons à Gaza.


Mais pour le gouvernement, les enquêtes internes menées ces derniers mois par Tsahal suffisent. Des enquêtes internes, il faut dire, qui n’ont pas épinglé grand-chose jusqu’à présent. Pour le ministre de la Défense, Ehoud Barak, Tsahal demeure "l’armée la plus morale au monde".


N’empêche : tout en décriant le rapport, tous - responsables officiels autant que commentateurs - admettent qu’il porte un sérieux coup à Israël. Aux niveaux juridico-diplomatique autant que militaire. Dès mardi soir, les Affaires étrangères se sont attelées à l’élaboration d’une contre-offensive en coordination avec le bureau du Premier ministre, le ministère de la Justice et le procureur général de l’armée.


Objectif : empêcher que le rapport Goldstone ne soit porté devant le Conseil de sécurité et, de là, à la Cour internationale qui mettrait les responsables israéliens concrètement dans le box des accusés. Et par la même occasion, limiter les risques de plaintes anti-israéliennes de la part de particuliers à l’étranger.


A cet effet, M. Netanyahou et Barak, ainsi que le président Shimon Pérès et le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, vont personnellement chercher à convaincre leurs homologues à l’étranger, en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité et les pays de l’Union européenne, de discréditer le rapport. Leur argument : le rapport établit un précédent qui compliquera la lutte antiterroriste partout dans le monde.


Côté militaire, Israël craint que le rapport n’érode la légitimité de ses méthodes de combat. Des méthodes qui seront pourtant encore indispensables, estime Tsahal, vu la menace qui pèse en permanence sur la population civile d’Israël, fut-ce en provenance du front sud ou du front nord. L’opprobre onusien risque aussi de déteindre sur l’éventuel projet israélien d’attaquer des sites nucléaires iraniens.


En tout cas, la publication du rapport n’a pas contribué à faciliter la médiation de l’émissaire américain George Mitchell entre Jérusalem et Ramallah. Le Premier ministre Netanyahou demeure résolu à poursuivre partiellement la colonisation juive en territoire palestinien, tandis que M. Abbas exige son gel total comme condition de relance des négociations de paix. M. Mitchell doit revoir M. Netanyahou à la fin de la semaine. Mais toujours pas de sommet Obama-Netanyahou-Abbas en perspective.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

israel ds a reponse à l'onu, ce machin créé pr creer israel, reconnait que le plus faible, le hamas, à gagné la bataille de gaza de decembre à janvier de cet hiver, malgré les pertes humaines, de 1400 morts, en majorité des civils...

strym.

SANSVOIX a dit…

L'on comprendrait volontiers la colère d'Israël, dans la mesure où on lui a laissé tout faire au Moyen-Orient.

On croyait qu'on lui rendait un grand service, mais finalement on lui aurait rendu mauvais service de ne plus être en mesure de savoir à quel moment il ferait la peine à l'humanité toute entière...

"Crime contre la guerre voire crime contre l'humanité" de la part d'Israël, au même titre que le Hamas ?

Pour une fois que tous les morts sont traités sur un même pied d'égalité, ce n'est pas mal !

ASV